Coupe de France de football : et si l’ASM prenait le quart ?

Nancy, club résidant de Ligue 1, a tout naturellement la faveur des pronostics face à l’AS Vénissieux-Minguettes, une équipe 100 % amateur. Mais les Vénissians vont jouer dans un stade aux installations magnifiques, de quoi les transcender. Ils comptent sur la magie de la Coupe pour offrir une “sacrée soirée” aux Lorrains.

L’AS Nancy-Lorraine respecte et se méfie de cette équipe de Vénissieux-Minguettes qui, après avoir sorti Grenoble, Savigneux et surtout Le Poiré-sur-Vie, est devenue le petit poucet de la Coupe de France. Lors du match de championnat qui a opposé l’AS Vénissieux Minguettes au SA Thiers, samedi 9 février (une rencontre qui a failli être reportée en raison des intempéries), Rachid Maatar, ancien joueur professionnel nancéien, titulaire des diplômes d’entraîneur professionnel et formateur, est venu observer le club. Et ce conseiller spécial du président Jacques Rousselot et de l’entraîneur Patrick Gabriel est resté perplexe après le revers concédé par les Vénissians (2-1). “Les conditions de jeu étaient limites, la neige a bien gêné tous les acteurs du match. On peut difficilement se faire une idée sur cette équipe des Minguettes. Je ne l’ai pas trouvée impressionnante mais il n’est pas possible de se faire une idée précise sur ce seul match ! Est-ce que l’entraîneur n’a pas essayé de brouiller les cartes en présentant un groupe différent de celui que l’on aura le 27 février ? Enfin, on le sait tous, un match de championnat n’a rien à voir avec une rencontre de Coupe de France. Donc, méfiance, car il est possible que l’ASM ait caché son jeu !”
Pour sa part, Karim Mokkedem, l’entraîneur vénissian, reste lucide. “Il nous manquait trois joueurs indispensables et la météo était détestable, mais on n’a pas été bons. Il faut se remettre en question. Et pas seulement pour le match de Coupe. Pour le championnat, on est entré dans le lot des équipes qui vont devoir assurer leur maintien. Un seul mot à dire : au boulot.”

Que vaut Nancy ?

Nancy rime d’abord avec Platini. De 1972 à 1979, Michel Platini y inscrira quelque 150 buts, remportera une Coupe de France avant de devenir le joueur d’exception que l’on sait à la Juventus de Turin et en équipe de France. Depuis, l’AS Nancy-Lorraine a gardé l’image de club formateur. Mais elle a aussi connu la Division 2 durant presque deux septennats avant de retrouver sa place dans l’élite.
Cette saison, après un début de championnat compliqué qui a plongé les Nancéiens au fin fond du classement de la Ligue 1, la direction du club a accepté le départ de l’entraîneur en place, Jean Fernandez. Elle l’a annoncé le 11 janvier. “Patrick Gabriel, directeur de la formation à Nancy, a été nommé entraîneur de l’équipe première pour un match au minimum”, commentait alors le président Jacques Rousselot.
Depuis, le choc psychologique a eu de l’effet. De probants résultats obtenus face à Lorient, à l’OM et même à Nice en Coupe de France ont redonné du mordant aux Lorrains, même si ces derniers sont retombés dans leurs travers en accueillant et en se faisant surprendre par Reims.
L’AS Nancy n’est pas sortie d’affaire mais elle va mieux, beaucoup mieux. Ce que confirme Christian Portelance, journaliste sportif au Républicain Lorrain depuis trente ans : “Ce qui a changé, c’est l’esprit. L’envie est au centre du projet de Patrick Gabriel et on sent une adhésion aux schémas du coach de la part des joueurs. Voilà qui donnera un sens à la dernière ligne droite, alors que beaucoup parmi les supporteurs avaient tendance à décrocher depuis le début de l’automne. Le président ne demandera pas l’impossible. Si la Ligue 2 devait faire clignoter ses lettres de mélancolie, il accepterait la sentence, pourvu que l’engagement de l’équipe ait été sans faille jusqu’au terme de la compétition. Aujourd’hui, il y a un sang neuf. Il n’irrigue pas encore tous les organes vitaux, mais il permet de croire en demain.”
Et demain, c’est… le mercredi 27 février, avec ce 8e de finale de Coupe de France programmé à Vénissieux, dans le Matmut Stadium, fief du LOU Rugby.

AS Nancy Lorraine
20e de L1
3 matches gagnés, 9 matches nuls, 12 matches perdus
22 buts inscrits, 40 buts encaissés
Meilleur buteur : Sébastien Puygrenier avec 4 buts
Parcours en Coupe de France :
32e de finale : bat le FC Drouais 5 à 1
16e de finale : bat l’OGC Nice 2-2, 4 tirs au but à 2

AS Vénissieux Minguettes
6e de CFA2
5 matches gagnés, 3 matches nuls, 6 matches perdus
14 buts inscrits, 15 buts encaissés
Meilleur buteur : Grégory Kouam avec 6 buts
Parcours en Coupe de France :
32e de finale : bat Savigneux-Montbrison 1-1, 3 tirs au but à 1
16e de finale : bat Le Poiré-sur-Vie 0-0, 4 tirs au but à 3

Équipes (sous toutes réserves)
AS Nancy Lorraine : Grégorini, Karaboué, Moukandjo, Sami, Sané, Puygrenier, Jebbour, Ayasse, Lotiès, Mangani, Grange, Efoulou, Joachim, Bakar, Alo’o, Nardi, Jeanvier, Badila, Walter.

AS Vénissieux Minguettes : Cassara, Cognard, Rolland, Daouadji, Boudebibah, Laviolette, Venet, Granturco, Aït El Mouden, Kouam, Coste, Lopez, Benbraïek, Berrezkami, Bouskine, Chamed, Fernandez, Azizi, Vignally, Kansense.

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