

Plus de deux siècles plus tard, les étrangers n’ont toujours pas le droit de vote aux élections. Pas même aux élections locales. Dans le paysage européen, la France est à la traîne puisqu’une majorité des pays de l’Union ont accordé ce droit à des degrés divers.
François Mitterrand avait promis en 1981 de réparer cette anomalie démocratique. Il ne l’a pas fait. Vingt ans après, les ressortissants européens (Italiens, Espagnols, Portugais…) votaient pour la première fois en France à des élections locales. Mais les autres (Maghrébins et Africains pour l’essentiel) sont restés exclus de ce droit. “Nous avons ainsi créé deux catégories d’étrangers, soulignait Guy Fischer. Il faut rectifier cette discrimination.”
François Hollande s’y est engagé durant la campagne électorale. Mais la loi qui l’autoriserait exige une modification de la Constitution, ce qui induit d’obtenir au moins 3/5 des voix du Parlement. Même en réunissant tous les parlementaires de gauche, il manquerait environ 25 voix, à conquérir dans les rangs du centre et de la droite. L’autre solution est de poser directement la question aux Français par référendum.
La rencontre organisée aux Minguettes, à la Maison des fêtes et des familles, tenait davantage de la réunion militante que du débat. Les 70 personnes présentes – parmi lesquelles des membres des associations maghrébines ACAEL, AASEL et AFM – partageaient l’idée que l’attente n’a que trop duré. « J’espère que nous attendrons moins longtemps que pour le droit de vote des femmes », déclarait Idir Boumertit, responsable local du Parti de gauche. Pour Serge Truscello, le secrétaire de la section communiste de Vénissieux, “Il faut savoir bousculer les choses”. Pour le maire, Michèle Picard, “ce serait également un signal fort d’intégration, une réponse au FN.” Djil Ben Mabrouk, conseiller municipal d’opposition sans étiquette, y voit pour sa part “un moyen de renouveau démocratique, de lutte contre l’abstention”. Mokrane Kessi, porteur d’une déclaration de la fédération socialiste du Rhône, appelait les parlementaires de son parti à aller chercher les voix qui manquent. Tandis que Pierre-Alain Millet, adjoint au maire (PCF), élargissait le débat en souhaitant “aussi” un accès facilité à la nationalité française.
Quelques différences donc dans l’approche de la notion de citoyenneté. Mais une unanimité pour dire que le droit de vote des étrangers aux élections locales est une étape incontournable.
Avant de se quitter, les participants se sont entendus sur un courrier qui sera adressé au président Hollande, lui demandant de tenir ses engagements.
Vous aimerez également
Actus
Du 22 au 26 juin 2026, la Ville de Vénissieux organise la deuxième édition de sa « Semaine sans perturbateurs endocriniens ».
Culture
Pendant deux jours, le cinéma a montré une série de courts-métrages réalisés avec talent par des jeunes Vénissians, aidés par la CinéFabrique et Traction...
Histoire / Mag
Ils étaient dix amis, qui ne pensaient qu’à faire la fête. Mais leur virée d’un soir tourna au cauchemar, en une tragédie qui émut...
Actus
La piscine Delaune est gratuite aujourd’hui et demain. Les horaires des espaces fraîcheur sont étendus. Par ailleurs, la cérémonie commémorant l'appel du 18 juin...
Culture
Le film d'Agnès Jaoui montre combien il est devenu difficile de se comprendre au sein de notre société. Coup de projecteur.


































Derniers commentaires