Mireille Rivat fait vibrer la salle Érik-Satie et la fibre révolutionnaire

Je pensais qu’elle s’était distendue, ma fibre révolutionnaire, même si les colères politiques se raniment de temps en temps, de temps en temps seulement parce qu’on ne peut tout de même pas passer son temps à être énervé (alors qu’il y a de quoi). Qu’elle s’était rangée des voitures, en même temps que mes vingt ans…Deux jours durant, ces 10 et 11 novembre, Mireille Rivat a occupé la scène de la salle Érik-Satie, invitée par la compagnie Traction Avant. Au cours de ces deux spectacles, elle a chanté les « Chansons révoltées », dont elle a tiré un album. 170 personnes (dont le sénateur Guy Fischer) l’ont accompagnée et toutes ont ressenti ce frisson, la peau qui d’un coup, sans crier gare, se hérisse parce qu’on entend différemment une chanson pourtant connue et écoutée de nombreuses fois. Quand elle entonne « Bella Ciao », d’abord en français puis en italien, sans doute accrue par les images des belles mondine (apparemment tirées de « Riz amer », dans lequel les cuisses de la Mangano ont dû donner des insomnies à bien des spectateurs), la chair de poule est arrivée et ce n’est pas la suite qui va la faire stopper.
Pour chaque nouvelle chanson, Mireille explique le contexte, illustré par les portraits des protagonistes et par les images de manifs, projetés sur un drap blanc. « El ejercito del Ebro » (connu aussi comme « ¡Ay Carmela ! »), « La canaille », « Le temps des cerises », « Bandiera rossa » ou « Hourrah » de Ferrat sont reprises en chœur par l’assistance. Chansons connues et dont soudain on entend encore mieux les paroles : c’est le cas de « La grève des mères » de Montéhus, dont Mireille nous explique qu’elle a été interdite en 1905 pour « incitation à l’avortement ».
Pour le dernier morceau, Babeth Rivat, la sœur de Mireille, la rejoint sur scène avec un petit groupe de l’association Bab Dance pour une agréable parenthèse dansée.
Quand un spectacle ne veut pas coûter cher, il contraint l’artiste à faire des économies sur les musiciens et à chanter sur une bande son. Léo Ferré l’a fait en son temps et Mireille Rivat aussi. Le problème étant, lorsque le public attaque la série des rappels, qu’on ne peut recaler la bande sur une chanson précise. Généreuse, Mireille propose de reprendre a cappella, avec l’ensemble de l’assistance, « Le temps des cerises ». Les lumières se rallument et un spectateur, qui aurait bien aimé entendre aussi « L’Internationale », se met à l’entonner, la voix sûre. Il accompagne le public jusque dans le hall de la salle Érik-Satie. Les sourires sont sur toutes les lèvres, et pas seulement parce que beaucoup de Vénissians présents sont contents de retrouver Mireille Rivat, qui n’avait pas chanté « au pays » depuis 1978.

4 pensées sur “Mireille Rivat fait vibrer la salle Érik-Satie et la fibre révolutionnaire

  • 15 novembre 2012 à 0 h 56 min
    Permalink

    Bravo Mimi !

  • 15 novembre 2012 à 0 h 56 min
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    Bravo Mimi !

  • 15 novembre 2012 à 0 h 56 min
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