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Papa, tu me fais réciter mes leçons ?

Deux fois par semaine, la bibliothèque de La Pyramide accueille les enfants du CP à la 6e, pour une aide aux devoirs accompagnée par les parents.

Deux fois par semaine, la bibliothèque de La Pyramide accueille les enfants du CP à la 6e, pour une aide aux devoirs accompagnée par les parents. Menée à l’initiative des centres sociaux, de la maison de quartier Darnaise, des bibliothèques Pyramide et Anatole-France, et de Bioforce, l’expérience porte déjà ses fruits.

« Tu peux me faire réciter mes mots ?” “Oui… à condition que tu les aies déjà écrits plusieurs fois, comme d’habitude.” Rayane, en CP à l’école Henri-Wallon, s’applique. Son père dicte doucement : “Tard, tôt, quel, quoi…, pourquoi, vers… Là, tu as fait une faute, tu le réécris cinq fois.” IIies, le frère de Rayane, est en CE1 ; Sherazade, la grande sœur, en CM2. Si tous les trois travaillent maintenant avec leur papa dans la sérénité, cela n’a pas toujours été le cas. M. Belouadheh raconte : “Avant, le temps des devoirs à la maison ressemblait à une galère. Trois enfants qui ne comprennent pas toujours aussi rapidement qu’on le voudrait… alors on gronde, on met la pression. Ce n’était bon ni pour eux ni pour moi. Maintenant, quand on rentre à la maison, le travail est fait. J’ai du temps pour eux, on joue ensemble. On a une autre relation et c’est super.”
Les étudiants de Bioforce et les bibliothécaires ne sont pas loin, prêts à apporter eux aussi leurs connaissances. Sherazade n’a pas bien compris la proposition subordonnée relative introduite par le pronom relatif ? Camille, étudiante à Bioforce, prend le relais. Rayane a terminé dictée et lecture. Il s’éclipse dans un coin pour lire. “Chaque semaine, il rapporte un livre à la maison”, précise son père. “Moi-même, j’ai fait ma scolarité à Vénissieux et je vois bien l’évolution. Les moyens ont diminué. Pour que nos enfants s’en sortent, il faut qu’ils réussissent à l’école. Ils n’ont pas le droit à l’erreur. Autant que cela se fasse dans de bonnes conditions.”
Cette initiative, mise en place à l’automne dernier, on la doit aux responsables des centres sociaux des Minguettes, de Bioforce, de la maison de quartier Darnaise et des bibliothèques pour enfants de La Pyramide et d’Anatole-France. C’est là que le projet a mûri, en réponse à une demande des parents. Après des réunions d’information, huit familles se sont inscrites et deux créneaux hebdomadaires ont été définis : le mardi et le jeudi de 17 à 18 heures, au choix des familles.

Un passeport pour l’avenir
Ce mardi-là, Ikrame est à la bibliothèque avec sa maman. La jeune fille est en 6e à Jules-Michelet. “Je vérifie d’abord son cahier de texte, explique Mme Slimani. Je peux l’aider dans certaines matières, mais pas en anglais, qu’elle travaille avec Fabrice, de Bioforce”. “Avant, se souvient Ikrame, quand je ne savais pas faire quelque chose, j’allais demander à la voisine. Quand on nous a donné au collège la feuille proposant de venir à la bibliothèque pour nos devoirs, nous avons été tout de suite d’accord. J’essaie de tout faire ici et même de m’avancer.”
Mme Abdelati, maman de deux petits garçons, ne craint pas de comparer cette aide à “une bouée de sauvetage”. “J’ai fait toute ma scolarité à l’étranger, dit-elle. Je sais qu’il faut que mes enfants réussissent. Les devoirs à la maison, c’était horrible : pour mon fils, qui est en CE1, et pour moi aussi car je n’ai pas la patience. Je suis trop exigeante ! Le petit, qui a 2 ans et demi, venait sur mes genoux, il voulait écrire… L’an dernier, les devoirs pouvaient durer jusqu’à trois heures. Vous imaginez, en CP ! Ici, le plus jeune a un espace pour jouer pendant que j’aide le grand. Il a gagné en autonomie, son travail s’est vraiment amélioré. Il a tout simplement pris confiance en lui… car il est moins stressé et moi aussi. Nous avons trouvé un passeport pour l’avenir. Et à la maison, on a une autre relation : davantage de complicité, plus d’écoute. On aime bien venir à la bibliothèque, c’est un lieu ressources.
“Il faut effacer l’étiquette Minguettes, assure la dame. Les parents peuvent faire bouger les choses, avec l’aide des professionnels bien sûr. À la fin de chaque séance, nous faisons un bilan avec les adultes présents.”
Un an après le démarrage de cette aide aux devoirs, tous les participants font le constat que le système, au-delà des résultats scolaires, a amélioré les liens familiaux grâce, entre autres, à la neutralité du lieu et à l’entraide. Pendant que les grands travaillent, les animateurs s’occupent des plus petits avec des activités adaptées : découverte des livres, jeux, animations…

Pour vous inscrire en famille pour la rentrée prochaine, appelez les centres sociaux des Minguettes au 04 72 21 50 80.

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