Commémoration du 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie

L’appel des noms sonne encore douloureusement, plus de cinquante ans après. À l’occasion de la commémoration du 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, ce 19 mars dans le nouveau cimetière de Vénissieux, le maire Michèle Picard livre la liste des disparus vénissians : Lucien Armanet, Roger Delorme, Vincent Ferrari, Yves Albert, Joanny Martinet, Roger Roussin et Robert Simonin.
Malgré le froid mordant, la foule est assez nombreuse devant le monument aux morts où André Bruyas, président de la section vénissiane de la Fnaca, évoque “les 30000 frères d’armes morts pour la France en accomplissant leur devoir de citoyen” avant de rajouter : “La paix est un bien inestimable.”
Le maire rappelle que, le 19 mars 1962, “le cessez-le-feu sera appliqué mais il ne fera pas la paix : assassinats et attentats de l’OAS, massacre des Harkis que la France abandonne, la haine mettra un temps fou à s’éteindre”. Elle pointe également du doigt le révisionnisme du gouvernement actuel : Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas remis la Légion d’honneur en 2011 à Jean-François Collin, un ancien de l’OAS, et à Hélie Denoix de Saint-Marc, un des participants au putsch des généraux à Alger en 1961 ?
Comment traiter rapidement 130 ans de colonisation et huit ans de guerre ? Michèle Picard énumère “le régime de l’indigénat”, triste exemple de citoyenneté à deux vitesses, les morts (entre 300 000 et un million, côté algérien) et les douleurs multiples de toutes les communautés. En citant Germaine Tillion (“Des deux côtés, on nage en plein délire”) et Camus (“Bientôt, l’Algérie ne sera peuplée que de meurtriers et de victimes. Bientôt, les morts seuls seront innocents”), elle résume la folie de l’époque : “Cette histoire partagée doit prendre en compte toutes les dimensions de cette tragédie, sans quoi, elle demeurera toujours incomplète, toujours ouverte aux interprétations et aux rancœurs.”
Le maire conclut sur une note d’espoir : “La reconnaissance de l’Histoire finit un jour ou l’autre par s’imposer.” Elle en veut pour preuves l’inauguration à Paris, par Bertrand Delanoë, d’une place “à la mémoire des martyrs de Charonne”, et la stèle qu’elle-même et son équipe municipale ont inaugurée parc Louis-Dupic en commémoration du 17 octobre 1961.

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