Veninov : derniers jours, dernière chance

Lundi 30 janvier, dans un bureau de l’usine Veninov, placée en liquidation judiciaire et occupée par ses salariés depuis juillet 2011. En présence du député du Rhône André Gerin, une quinzaine de licenciés se repasse les images de l’interview accordée par le préfet de Région, Jean-François Carenco, samedi dernier à l’émission de France 3, “La voie est libre”. “Dans huit jours, je saurais si ce que j’ai fait, avec d’autres, a porté ses fruits ou si nous avons perdu, y déclare le préfet. (…) J’ai eu des promesses. Le candidat à la reprise doit dire “oui” ou “non” dans les huit jours. En tout cas, dans ce dossier international très compliqué, on aura tout tenté.”
Jean-François Carenco officialise là, donc, à demi-mots, une rumeur persistante depuis plusieurs jours : un accord aurait été trouvé entre le liquidateur judiciaire, le fonds de pension américain Gordon Brothers (devenu propriétaire des six hectares de terrain de l’usine, à la suite d’un prêt octroyé dans des conditions douteuses) et le principal candidat à une reprise de l’activité, l’autrichien Windhager-Garden. La visite de ses représentants est d’ailleurs espérée sur le site tout prochainement.
Restent à connaître les conditions de cet accord passé avec Gordon Brothers. Celui-ci comporte probablement l’abandon des poursuites par le liquidateur judiciaire, en échange de la cession des terrains à un prix “raisonnable”. Le fonds de pension américain est en effet au centre d’une procédure judiciaire, initiée par le préfet Carenco, qui conteste la légalité du prêt de 9,7 millions accordé aux actionnaires allemands du groupe Alkor-Venilia, en mars dernier. Ce prêt était assorti de garanties ahurissantes, puisqu’il avait permis à Gordon Brothers de récupérer une partie des actifs de Veninov.
“On attend toujours, indiquaient hier les ex-salariés de l’usine, qui n’ont jamais cessé de l’occuper. On espère, bien sûr. Mais si cela ne marche pas avec Windhager-Garden, alors, la bataille sera très probablement perdue…” Motif d’espoir non négligeable pour les Veninov : les clients sont toujours là. Une enseigne de la grande distribution s’est engagée à acheter les produits de l’ancien leader européen de la toile cirée. D’autres entreprises leur font régulièrement savoir qu’ils se trouvent en pénurie de produits. Mais, pour produire, il faudra que les machines aient traversé sans encombre l’hiver. S’il a été, jusqu’ici, relativement doux, une vague de froid est annoncée pour les jours à venir. Et le chauffage n’a toujours pas été remis en route, malgré les subventions votées par la Région et la communauté urbaine. “Cela devrait être fait courant février, estiment les Veninov. En espérant qu’il ne sera pas trop tard…”

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