ArvinMeritor c'est fini. "L'usine Ponts" rentre à la maison

L'enseigne ArvinMeritor a disparu de la façade de l'usine de Saint-Priest

« L’usine Ponts » comme on l’appelait aux époques Berliet et RVI, a retrouvé sa maison d’origine. Vendue en 2004 à l’Américain ArvinMeritor, elle est officiellement revenue dans le giron Renault Trucks depuis le 1er janvier.

Ce n’est pas une surprise, c’était annoncé depuis 2009. À peine cinq ans après son arrivée, le groupe américain, accusant un lourd déficit, décidait en effet de se désengager de Saint-Priest pour reconcentrer son activité européenne en Italie. « ArvinMeritor estimait que l’activité de production n’était pas suffisamment profitable », explique Kamel Sid, le directeur de l’usine.
La décision de Renault Trucks de réintégrer le site peut toutefois surprendre quand on se souvient qu’en 2004, la cession à ArvinMeritor était présentée comme « la seule possibilité de garantir la pérennité de l’activité et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’emploi. » Les syndicats, eux, défendaient déjà l’idée d’un développement en interne. Ils se félicitent aujourd’hui que la direction ait modifié son approche. « Au sein du groupe AB Volvo, Renault Trucks a même poussé pour récupérer l’usine Ponts, souligne Bernard Grand, délégué CGT. La direction voulait garder un fournisseur de proximité pour les ponts et essieux de ses camions. Les responsables de Volvo étaient beaucoup moins chauds, ils auraient préféré vendre ». Kamel Sid, le directeur, confirme que « la volonté affichée par Renault Trucks a pesé ».
Dans une actualité économique pleine de fermetures d’entreprises et de délocalisations, ce retour de l’usine Ponts dans le giron « familial » est évidemment une bonne nouvelle. D’autant que les salariés ont retrouvé leur statut et leur ancienneté. Mais le niveau d’emploi, en ce début 2012, est plus faible qu’il ne l’était en 2004. Les effectifs sont passés d’environ 500 à 350 personnes, à la suite de reclassements et d’un plan de départs anticipés. On peut également regretter une perte de savoir faire puisque toute la partie usinage est désormais réalisée en Italie, à Calmeri… dans une usine ArvinMeritor.

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