Karima Souid, une Vénissiane à l'Assemblée constituante tunisienne

Karima Souid, une Vénissiane de 40 ans, occupera un des dix-huit sièges réservés aux Tunisiens de l’étranger dans le parlement sorti des urnes le 23 octobre. Un destin hors du commun pour cette enfant du quartier Démocratie.
Le rendez-vous a lieu dans un café du centre de Vénissieux, pas très loin de son domicile. Karima Souid est pressée. Depuis son élection à la nouvelle Assemblée constituante tunisienne, l’ancienne collégienne de Jules-Michelet et Paul-Éluard est très sollicitée par les médias. Et affairée à préparer son départ pour Tunis, où le parlement issu du scrutin du 23 octobre doit tenir sa première réunion le mercredi 9 novembre. “C’est une immense fierté et une énorme responsabilité”, confie la quadragénaire, qui “espère être à la hauteur de la confiance des électeurs”.
Tête de liste du parti Ettakatol (sociaux démocrates) sur la circonscription sud de la France, Karima Souid occupera un des dix-huit sièges réservés aux Tunisiens de l’étranger, dont dix pour les seuls Franco-tunisiens. Comme au pays, les voix des électeurs de l’extérieur se sont portées en majorité sur la formation islamiste modérée Ennahda. Pour cette femme de gauche, attachée à la laïcité, ces résultats sont “décevants”. Mais elle en prend acte.
“Le peuple s’est mobilisé, il a décidé et nous devons en tant que démocrates respecter ce choix.” Elle avance quelques explications à cette victoire des conservateurs religieux : “Il ne faut pas oublier que le parti Ennahda a été opprimé durant trente ans. Cela leur a donné une légitimité aux yeux des électeurs. Les deux partis de gauche à avoir totalement exclu l’idée de pouvoir travailler avec les islamistes ont d’ailleurs été durement sanctionnés. Je crois aussi que de nombreux Tunisiens pensent qu’il est possible de reproduire le modèle turc de l’AKP. Personnellement j’en doute, car la configuration est différente. Mais encore une fois, il faut respecter ce vote. Nous sommes engagés dans une transition démocratique. Il s’agit désormais d’écrire une nouvelle constitution. Et je serai très vigilante à ce que les valeurs défendues par Ettakatol y soient présentes.”

Ne pas transiger avec les libertés fondamentales

Au premier rang, Karima Souid place les libertés fondamentales, en particulier celles des femmes. Les Tunisiennes ont en effet beaucoup à perdre. Le Code du statut personnel (CSP), promulgué en 1956, leur a donné des droits qui, pour beaucoup, restent inédits dans les autres pays arabes. “S’il y a bien un point sur lequel nous ne transigerons pas, c’est celui-là, souligne la députée. Nous serons également très attentifs au respect de la liberté des médias.”
À quelques jours de s’envoler pour Tunis, l’enfant du quartier Démocratie, où elle a grandi avant de déménager à Léo-Lagrange, ne cache pas son émotion. L’hiver dernier, elle était loin d’imaginer qu’elle serait associée aussi directement à l’écriture du futur de la Tunisie. “Quand les soulèvements ont débuté en décembre 2010, c’est une partie de mon enfance qui s’est réveillée. En 1983, au moment de la marche pour l’Égalité, j’avais 12 ans. Je crois que j’en ai gardé une grande soif de justice et de dignité. J’ai donc vécu le printemps arabe avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté. Même si je n’étais pas en première ligne, je ne pouvais pas rester les bras croisés. C’est la raison pour laquelle je me suis engagée avec Ettakatol, dont les leaders ont toujours milité pour le respect des droits de l’homme.”
La vie de Karima Souid va se partager désormais entre Vénissieux et Tunis. Un rythme qu’elle maîtrise puisqu’elle est spécialiste de la destination Tunisie dans le tourisme d’affaires depuis dix-sept ans. “Je ne sais pas encore comment vont s’organiser mes semaines. Mais ces détails pratiques sont secondaires face à l’importance de la tâche qui m’attend.” Dans son nouvel emploi du temps, elle promet également de garder un moment pour ses activités bénévoles au sein de Timecode Corp, une association vénissiane qui lutte contre les discriminations par la réalisation de courts métrages.

Une pensée sur “Karima Souid, une Vénissiane à l'Assemblée constituante tunisienne

  • 3 mars 2014 à 12 h 46 min
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    vous parlez de K. Souid tjr en tant que collégienne ou bac philo et puis travaillant en agence de voyage mais encore??? pas d’études supérieures??,

  • 3 mars 2014 à 12 h 46 min
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    vous parlez de K. Souid tjr en tant que collégienne ou bac philo et puis travaillant en agence de voyage mais encore??? pas d’études supérieures??,

  • 3 mars 2014 à 12 h 46 min
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    vous parlez de K. Souid tjr en tant que collégienne ou bac philo et puis travaillant en agence de voyage mais encore??? pas d’études supérieures??,

  • 3 mars 2014 à 12 h 46 min
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    vous parlez de K. Souid tjr en tant que collégienne ou bac philo et puis travaillant en agence de voyage mais encore??? pas d’études supérieures??,

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