Qu’est-ce que je peux faire ? Va à Lumière !

Pour sa 9e édition, le festival met à l’honneur le réalisateur Wong Kar-wai.

Le programme des festivités s’annonce dense et varié.Ces images ont fait le tour du monde : un petit binoclard suspendu dans le vide, accroché à l’aiguille d’une grande horloge. Ou ce routier, plongé jusqu’à la taille dans une mare de pétrole et guidant son collègue au volant d’un camion. Et Belmondo entourant son visage peint en bleu d’une ceinture de dynamite avant de s’exclamer « Après tout, je suis idiot ! » Et puis ces couplets, ces phrases musicales, de « Hakuna matata » à « Ainsi parlait Zarathoustra ». Sans parler de la BO de « Scarface » due au talent de Giorgio Moroder. Ou de la chanson des Beatles, « Happy Together« , qui donne son titre au prix de la mise en scène à Cannes 1997.

Pour sa neuvième édition, du 14 au 22 octobre, le festival orchestré par l’Institut Lumière avec le soutien de la Métropole a décidé, parmi plein de bonnes surprises, d’attribuer le prix Lumière au cinéaste chinois Wong Kar-wai. Auteur, justement, du déjà cité « Happy Together » mais également des excellents « Chungking Express », « In the Mood for Love » … Wong Kar-wai pourrait être le symbole de ces cinéastes classieux qui ont apposé à leurs films une véritable marque de fabrique, faite à la fois de modernité et de retours vers le passé. Wong, avec ses cheveux courts et ses lunettes de soleil, en impose physiquement comme artistiquement.

Pendant cette semaine de folies cinématographiques, des rétrospectives balaieront les carrières de Henri-Georges Clouzot, Jean-Luc Godard, Guillermo del Toro, Buster Keaton et Harold Lloyd, de la réalisatrice lyonnaise Diane Kurys, de l’actrice écossaise Tilda Swinton, du compositeur Giorgio Moroder… On reverra avec plaisir des grands classiques restaurés : « 1900 » de Bertolucci, « 2001 » de Kubrick… Les enfants seront comblés avec un petit festival à l’intérieur du grand, à commencer par une projection du « Roi lion ». Lumière 2017, ce sera encore un hommage aux femmes n’ayant réalisé qu’un seul film. Et un toujours passionnant voyage à travers le cinéma français grâce à Bertrand Tavernier, qui a ajouté des épisodes à sa somme de l’an dernier. Lequel viendra également présenter les westerns chers à son cœur.

Citons encore un colloque sur l’état du cinéma français, un marché du film et de nombreux artistes pour quasiment chacune des séances. Celles-ci se dérouleront dans l’ensemble des salles de cinéma de la Métropole. Donc au cinéma Gérard-Philipe, à Vénissieux. Et si Godard reprenait sa fameuse séquence de « Pierrot le fou », dans laquelle Anna Karina psalmodie « Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire !« , Bébel lui conseillerait sûrement d’aller à Lumière.

9e Festival Lumière, du 14 au 22 octobre.
À Gérard-Philipe : « Internal Affairs » (2002) d’Andrew Lau et Alan Mak le 18 octobre à 20h30 ; « La flèche brisée » (1950) de Delmer Daves le 19 octobre à 14h30

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