Fresque d'Antonin Rêveur : j’y suis, j’y peins

Assis sur un skateboard, un homme est accroupi devant un des murs peints en orange de la placette Marcel-Paul, face à la Maison des associations Boris-Vian. Il travaille avec un pochoir, des mots étant découpés sur une grande feuille de papier. Les vides remplis à l’aide d’une bombe de peinture, les mots se retrouvent inscrits sur le mur.

On lit : “En fermant mes persiennes, je revois tes trois grands yeux. Ça marse toujours”, citation de la chanson de Boris Vian “La java martienne”.

Le graffeur s’appelle Antonin Rêveur et il a déjà signé, avec les habitants du quartier, la grande fresque de Vénissy. À la demande de la Ville , relayée par le service Cadre de vie en coordination avec l’Espace arts plastiques, Antonin devait partir de phrases de chansons écrites par Boris Vian pour les mettre en forme de façon ludique. Ce qu’il aime dans le graffiti, revendique-t-il, c’est “la liberté d’expression, l’exposition permanente, pas forcément esthétique, et les possibilités, avec ce côté : J’y suis, j’y peins !” Il ajoute : “Dans ce genre de peinture, le gabarit de base est le corps humain. On peint avec le corps. Le graffiti amène aussi une reconnaissance rapide. Il ne faut pas que le dessin soit trop rigoureux, rigide, sinon il perd son âme. Il est chez moi instinctif : je n’ai pas fait d’école d’art.”
Les graffiti, comme les tags, sont souvent composés de lettres. “Ce n’est pas ce qui m’attire le plus. Mais c’est vrai que quand j’étais avec des groupes d’enfants pour la fresque de Vénissy,  je leur ai fait travailler la lettre. Pour eux, c’est une approche différente de celle qu’ils ont eue à l’école. Le graffiti est une esthétique qui a tout bouleversé.”

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