Nos ados accros aux écrans

Ordinateur, console, téléphone portable, baladeur. Comment accompagner cette déferlante numérique ? Les enfants de 2011 grandissent avec un écran devant les yeux et un clavier sur les genoux. Pour qu’ils en tirent le meilleur profit sans en devenir dépendants, les parents ont leur rôle à jouer.

À bientôt 16 ans, Louis est bien dans sa tête. Il a des copains. Et déjà un projet professionnel : “travailler dans l’audiovisuel”. Quand on parle avec lui ordinateur et réseaux sociaux, il répond très franchement : “Pendant la semaine, je passe chaque soir entre deux heures et demie et trois heures sur mon ordi. Je regarde essentiellement des films. Je vais sur mon profil Facebook, qui me permet surtout de discuter avec mes cousins, ou des amis que je ne vois pas régulièrement. Je ne discute pas avec mes copains de classe car on s’est vu dans la journée.” Louis a un téléphone portable depuis la classe de sixième : “Je l’utilise beaucoup pour les SMS, avec un forfait illimité c’est pratique. J’écoute également de la musique. J’utilise mon iPod touch mais un peu moins depuis que j’ai mon propre ordinateur. Mais je ne fais pas de jeu en réseau, je déteste ça.” Le week-end, il essaie d’avoir des activités à l’extérieur. En soirée, il éteint assez rapidement tous les écrans.
Comme Louis, les ados adorent se détendre sur internet. De plus en plus jeunes, constate Nadia, rencontrée au centre social Eugénie-Cotton de Vénissieux. Elle est la maman de Sarah, 11 ans, et de Malika, 9 ans.  “À mon époque, à l’âge de Malika, on jouait encore à la poupée. Mais notre fille nous a très rapidement demandé une console Nintendo DS. Elle a entre autres un jeu avec des petits chiens aux grands yeux attendrissants, dont elle s’occupe virtuellement. Les consoles sont souvent source de conflits entre mes filles et moi. Je trouve toujours qu’elles jouent trop longtemps, j’ai très peur qu’elles deviennent accros et que leur travail scolaire s’en ressente. Alors j’ai fixé des règles strictes et si elles ne sont pas suivies, je confisque. Sarah, qui va entrer au collège, réclame un portable. J’ai refusé. Quand elle m’a dit que certains de ses amis en ont depuis le CE 2, je ne la croyais pas…”

Des ados poly-connectés
Internet, les messageries, les réseaux sociaux Facebook ou Twitter, les jeux vidéos, les blogs, les iPod, le téléphone portable sont le principal terrain de jeux des adolescents et pré-ados. Ils y parlent de leur vie, de leurs états d’âme, y mettent des photos parfois intimes, dévoilent des éléments de leur vie privée qui peuvent parfois leur porter préjudice.
Ce sont des poly-connectés. Ces écrans de toutes sortes sont tellement attractifs qu’ils sont peu à y résister. Les trois quarts des ados ont un profil Facebook sur lequel ils postent régulièrement leurs photos ou vidéos. Mais la plupart d’entre eux ne protègent aucune information personnelle. Au risque d’avoir de mauvaises surprises ; 40% des 15/17 ans ont déjà vu des données privées publiées à leur insu. Par ailleurs plus de neuf lycéens sur dix et plus de huit collégiens sur 10 sont déjà tombés sur des contenus choquants en surfant sur le web. Quant aux parents, ils sont parfois dépassés !
En novembre dernier, le centre d’analyse stratégique (1) pointait cette crispation entre adultes et enfants : “De plus en plus de parents se plaignent que les jeux vidéos sont devenus des sources de tension quotidienne : négociations avec les enfants, nervosité des enfants ou encore problème de budget, dus au coût des logiciels et des supports mais aussi aux divers achats proposés sur les jeux en ligne.” Certains parents n’hésitent pas à parler d’addiction.
De plus en plus de psychologues tentent de dédramatiser, notamment en privilégiant la théorie des usages : les écrans ne sont pas mauvais, c’est ce qu’on en fait qui pose problème. Dans un ouvrage “Qui a peur des jeux vidéos”, le psychanalyste Serge Tisseron insiste : “Les parents ne doivent pas hésiter à cadrer leurs enfants le plus tôt possible, en leur donnant un temps global à ne pas dépasser sur leurs écrans.” Et d’ajouter : “Il est plus simple d’assouplir les interdits au fil du temps que d’avoir à les imposer brutalement à l’adolescence, ce qui ne pourra se faire sans réaction de la part du jeune.”
Mais les jeux vidéos peuvent créer aussi de la cohésion familiale. Quel est le parent qui, sur son portable, n’a pas reçu de sympathiques SMS de la part de ses enfants ? Via Skype, par exemple, il est désormais possible de discuter gratuitement avec des parents ou des enfants géographiquement éloignés. Et on n’oubliera pas les mails envoyés aux grands-parents de plus en plus équipés.

(1) Le Centre d’analyse stratégique est un organisme directement rattaché au premier ministre. Il a pour mission d’éclairer le gouvernement dans la définition et la mise en œuvre de ses orientations stratégiques en matière économique, sociale, environnementale et technologique.

Une pensée sur “Nos ados accros aux écrans

  • 11 mai 2011 à 23 h 19 min
    Permalink

    Ravi de voir que mon idée sur cet article a aboutie :). Très bon article.

  • 11 mai 2011 à 23 h 19 min
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  • 11 mai 2011 à 23 h 19 min
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  • 11 mai 2011 à 23 h 19 min
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