Des ZUS de plus en plus sensibles

Le dernier rapport de l'Onzus révèle que près d'un homme jeune sur deux est au chômage dans les quartiers populaires

Vu de Vénissieux, ce n’est pas vraiment une surprise, plutôt une confirmation au niveau national de ce que nous constatons à l’échelon local. Le dernier rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), publié dans une relative discrétion à la veille de Noël, témoigne de la gravité de la crise sociale dans les banlieues françaises. Les chiffres qu’on y trouve sont alarmants.

À commencer par le taux de chômage chez les jeunes : 43 % des jeunes actifs et 37 % des jeunes actives étaient sans emploi en 2009. Sur une population active globale de 250 000 jeunes dans les 751 quartiers populaires qui relèvent de la Politique de la ville, 100 000 pointent au Pôle emploi. Le taux de chômage dans les ZUS a grimpé à 18,9 %, soit le double des autres territoires urbains. Pour indication, à Vénissieux, ce taux est d’environ 21 % pour l’ensemble de la commune. Si l’on se concentre sur les Minguettes et Max-Barel, il est encore supérieur.
Le rapport souligne en outre l’extrême difficulté des femmes d’origine étrangère à pénétrer le marché du travail : elles ont quatre fois moins de chance d’être en emploi lorsqu’elles habitent en ZUS. Il ressort également que les jeunes diplômés ne sont plus protégés du chômage.
Ces difficultés d’accès à l’emploi expliquent les autres chiffres du rapport, qui révèlent une grande précarité : deux fois plus d’allocataires des minima sociaux que dans le reste du territoire, deux fois plus de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, trois fois plus de bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU).
L’Onzus note cependant deux points positifs. D’abord, les faits de délinquance ont baissé de 11 % entre 2005 et 2009. Mais cette baisse concerne surtout les atteintes aux biens (-15 %) alors que les atteintes aux personnes ont augmenté (+ 7,1 %). D’autre part, on constate une diminution du nombre de redoublements des élèves et une augmentation de la réussite au brevet et au bac, même si les taux restent encore inférieurs à la moyenne nationale. C’est ce qu’a voulu retenir le nouveau ministre de la Ville, Maurice Leroy : “Je retiens avant toute chose que nos efforts commencent à porter leurs fruits dans le domaine de la réussite, de la rénovation urbaine mais aussi de la sécurité.”

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