Un nouveau programme immobilier le long de l’avenue d’Oschatz

Seize ans, quasiment jour pour jour, après la démolition des dix tours du quartier Démocratie, Michèle Picard, maire de Vénissieux, a posé sur ce site emblématique la première pierre d’un nouveau programme immobilier. La résidence comprendra 35 logements répartis en trois ou quatre petits bâtiments. Elle est localisée en haut de l’avenue d’Oschatz, dans la continuité des immeubles déjà construits par Spirit Grand Sud et Alliade, pour faire la couture entre le centre-ville et le plateau.
L’opération est conduite par l’Association foncière logement (AFL), collecteur du 1 % logement, qui figure parmi les principaux contributeurs de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). En contrepartie de ce financement, des terrains lui sont attribués pour développer des programmes immobiliers capables d’attirer des ménages dépassant les critères de ressources du locatif social. L’objectif étant de réintroduire de la mixité dans les quartiers relevant de dispositifs “Politique de la ville”. Les logements relèvent donc du locatif libre et visent un public de classe moyenne. Un premier programme AFL, “Le Clos du cerisier”, construit derrière le cinéma Gérard-Philipe, a très bien fonctionné. Les quatorze maisons de ville, avec des prestations haut de gamme, ont rapidement été louées. Cette nouvelle résidence proposera des prestations similaires, sauf qu’il s’agit d’un programme collectif.
“De nouvelles catégories de population viennent s’installer aux Minguettes, s’est réjoui le maire. La logique de diversification de l’offre et la possibilité d’un parcours résidentiel pour les Vénissians et les habitants de l’agglomération sont ainsi confortées.” Cependant, le désengagement de plus en plus marqué de l’État hypothèque gravement la poursuite de cette politique. Michel Caron, administrateur de l’AFL, s’en est inquiété : “En 2010, le 1 % logement a financé 96 % du budget de l’ANRU. Ce n’est pas choquant en soi que les partenaires sociaux prennent leur part, mais pas à ce niveau-là ! »
Olivier Brachet, vice-président du Grand Lyon en charge du logement et de l’habitat social, a exprimé les mêmes craintes, en attirant l’attention sur la réforme des collectivités territoriales : “Si la Région par exemple perd la compétence générale, elle ne pourra plus intervenir financièrement pour rendre le foncier plus accessible. Cela risque de nous compliquer la tâche dans une agglomération où le prix élevé des terrains rend délicat l’objectif de mixité sociale. »

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