Santé-Allergie / Premiers pics d'ambroisie

Les pollens d’ambroisie ont profité des conditions climatiques favorables de la semaine écoulée pour se disperser et en feront tout autant pendant la semaine à venir. Selon le bulletin allergo-pollinique du Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) publié à la mi-août, le risque allergique d’exposition au pollen d’ambroisie est déjà élevé en Isère, dans le Rhône et la Drôme et pourrait facilement passer au niveau supérieur (et maximum) si le soleil reste de la partie. 

L’ambroisie est une plante annuelle qui apparaît tardivement au printemps et disparaît en automne. En été, elle croît rapidement et peut atteindre plus d’un mètre de hauteur. Sa floraison commence durant la seconde moitié du mois d’août : ses fleurs libèrent du pollen à caractère très allergène jusqu’en octobre, avec un pic maximum en septembre. Elle aime les endroits ensoleillés et secs. Elle colonise essentiellement les terrains défrichés, les chantiers de construction, les parcelles agricoles, les terres à l’abandon, les lotissements, le long des axes de communication. Produites en grande quantité et pouvant rester viables plus de dix ans dans le sol, ses graines se ressèment, assurant les générations suivantes.
La destruction de cette plante est d’autant plus indispensable qu’un million de grains de pollen se trouve sur un seul pied d’ambroisie et que cinq grains par m3 suffisent pour déclencher une allergie. Un plant d’ambroisie supprimé avant sa période de floraison permet donc d’éviter la production de pollens et de limiter la reproduction de cette plante envahissante.

Depuis plusieurs années, le Conseil général du Rhône a créé des brigades vertes qui travaillent à cette éradication, en lien avec les services Espaces verts des communes du Grand Lyon. Depuis 2000, un arrêté préfectoral indique aussi “que les propriétaires, locataires, ayant droit ou occupants à quelque titre que ce soit, les exploitants agricoles, les maîtres de chantiers de travaux et les gestionnaires de domaine public sont tenus de prévenir la pousse d’ambroisie (sur les terres rapportées ou remuées), nettoyer et entretenir les espaces où pousse l’ambroisie. Tout contrevenant est passible de poursuites”. A Vénissieux, un arrêté du maire allant dans le même sens est en vigueur.

Concrètement quand l’ambroisie est repérée sur les sites publics, c’est aux communes, au Grand Lyon et au Conseil général via les Brigades vertes d’intervenir. Quand on la découvre chez un propriétaire privé, c’est à lui de l’éradiquer.

Rhinites, conjonctivites, trachéites, asthme, eczéma…
Les patients allergiques peuvent souffrir de rhinite (nez qui coule, qui démange, éternuements), de conjonctivite (yeux rouges, irrités, gonflés, démangeaisons avec sensation de sable sous les paupières). Dans la moitié des cas, ils peuvent développer des symptômes respiratoires de gravité variable pouvant aller de la trachéite (toux sèche) jusqu’à des crises d’asthme. Certaines personnes peuvent déclencher également des atteintes cutanées telles qu’urticaire ou eczéma. Si vous présentez de tels symptômes, un allergologue pourra établir précisément le diagnostic d’allergie à l’ambroisie grâce à des tests cutanés et biologiques. Sachez que des médicaments peuvent avoir une certaine efficacité s’ils sont pris plusieurs jours avant la saison pollinique.

En Rhône-Alpes, la fréquence de cette allergie est importante puisque 12 % de ses habitants seraient touchés.

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