
La création de la Brigade de sûreté des transports est au cœur du projet sécuritaire du mandat du nouvel exécutif de Sytral Mobilités (photo Emmanuel Foudrot)
Véronique Sarselli avait annoncé la création de la Brigade de sûreté des transports le 25 août dernier, à l’occasion de sa rentrée politique. Le projet est désormais validé. Le plan d’actions sécurité 2026-2032 a été adopté avec trois votes contre et une abstention lors du Conseil d’administration de Sytral Mobilités, mercredi 30 septembre.
Cette brigade en est la pierre angulaire. Ce service interne sera organisé en patrouilles pédestres et véhiculées. Ses agents en uniforme se déploieront sur l’ensemble du réseau TCL : dans le métro, les trams, les bus, les navettes fluviales, mais aussi sur les quais et espaces de correspondance.
« Nous devons garantir à chaque voyageur, à chaque agent, qu’il puisse emprunter ou travailler sur le réseau TCL en toute sécurité, affirme la présidente (LR) de la Métropole de Lyon et de Sytral Mobilités. C’est une priorité absolue de ce mandat et nous allons nous donner tous les moyens d’agir. »
Gilles Gascon, premier vice-président de l’autorité organisatrice des transports en commun des territoires lyonnais, dévoile le calendrier : « La constitution de cette brigade débutera au cours du premier trimestre 2027, avec la formation des premiers agents habilités. Son effectif sera porté à 120 agents d’ici fin 2028, avec un objectif de 200 agents en fin de mandat. » En revanche, rien ne filtre encore sur le financement. Véronique Sarselli temporise et affirme pouvoir dissiper ce flou budgétaire en novembre.
Grâce à cette brigade, l’exécutif entend vouloir compléter l’action de la police nationale, des polices municipales et de la gendarmerie. Jérémy Bréaud, par ailleurs vice-président de la Métropole chargé à la sécurité globale, a justifié cette mesure en rappelant les chiffres du Ministère de l’Intérieur : « Le nombre de victimes dans les transports en commun de la Métropole (TCL, SNCF et Cars du Rhône, ndlr) a augmenté de 35,5 % entre 2016 et 2025, alors que ce chiffre a globalement diminué dans les autres métropoles. » Une donnée à pondérer : le nombre de passagers a progressé d’environ 16 % sur la même période.
Gratuité confirmée pour les forces de l’ordre
Bruno Bernard, ex-président de Sytral Mobilités, est plutôt favorable au projet. Mais l’écologiste s’interroge sur l’armement de la brigade, qui reste à définir : « Autant sur les armes de catégorie D (aérosols lacrymogènes et armes à impulsion électriques, ndlr), il n’y a pas de sujet. Mais il y a un doute sur la catégorie B (armes de poing, ndlr). » Bruno Bernard regrette par ailleurs l’absence du recours à l’intelligence artificielle qui « ferait gagner de précieuses minutes aux équipes en intervention. »
Le plan d’actions comporte d’autres volets. À commencer par le bouton SOS, disponible sur l’application TCL, permettra à chaque usager de donner l’alerte discrètement au PC Sécurité TCL.
Sytral Mobilités attend également un renfort massif de réservistes opérationnels. Ces derniers complèteront l’action du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC) de la Police nationale et de la Brigade mobile des transports en commun (BMTC) de la gendarmerie. Une convention avec les communes visera à renforcer la présence de policiers municipaux sur le réseau.
Enfin, la gratuité sera garantie aux policiers nationaux, gendarmes et policiers municipaux du territoire à compter de 2027. Environ 8 000 forces de l’ordre pourraient bénéficier de cette carte personnelle de circulation gratuite. Pour Sytral Mobilités, cette mesure pourrait représenter une perte de recettes annuelles estimée à 840 000 euros.
Délinquance dans les transports : deux courbes, deux réalités

Comme le rapporte Jérémy Bréaud, le nombre de victimes sur l’ensemble des transports de la Métropole explose. Or, sur la même période, sur le réseau TCL, les agressions chutent. Si les deux courbes partent dans des directions opposées, c’est parce que les chiffres officiels du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) que relaye l’élu et ceux du PC Sécurité TCL ne mesurent pas la même chose.
D’une part parce que le ministère de l’Intérieur élargit ses recherches à l’ensemble des transports sur le territoire métropolitain, alors que le PC Sécurité se concentre sur le seul réseau TCL. Surtout, le ministère compte toutes les victimes, y compris celles des pickpockets et vols à la tire, qui représentent plus des trois quarts des faits (77 %). En revanche, les agents de terrain et le PC Sécurité constatent les atteintes aux usagers et aux agents (agressions et vols avec violence). Et ceux-ci ont nettement baissé entre 2014 et 2024, respectivement de 67 et 51 %.






























Derniers commentaires