
Bien qu’en grève depuis le 8 septembre, les sapeurs-pompiers de France continuent à porter secours dans les conditions habituelles
Après trois semaines de grève, les pompiers sont montés à Paris du 27 au 29 septembre pour mettre la pression sur le Gouvernement. Une fois de retour à Lyon, les syndicats seront reçus par Véronique Sarselli ce jeudi 1er octobre. La présidente (LR) de la Métropole de Lyon, bras financier et politique du Service départemental et métropolitain d’incendie et de secours (SDMIS) leur dévoilera son « plan d’action ».
L’été a été chaud, dans l’Hexagone. Brûlant, même… La Fédération nationale des sapeurs pompiers de France (FNSPF) évoque « une année record », marquée par « 13 000 départs de feu et plus de 120 000 hectares brûlés ».
Les soldats du feu, éprouvés, attendaient beaucoup du projet de loi Modernisation de la sécurité civile, présenté aux syndicats le 8 septembre dernier. Malheureusement, l’entrevue avec Julien Marion, directeur général de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC), n’a fait que raviver leur colère.
Jugé trop technique, le texte porte principalement sur l’organisation des secours et le recentrage des effectifs sur les vraies urgences… Mais n’annonce ni le recrutement de nouveaux hommes ni plus d’argent. L’intersyndicale, qui s’appuie sur un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA), revendique le recrutement de 21 000 sapeurs pompiers professionnels. La France en comte actuellement 44 300.
Le volet financier escamoté du projet de loi
« Rien ne correspond au rapport de synthèse du Beauvau de la sécurité civile que nous avait présenté François-Noël Buffet (alors ministre auprès du ministre de l’Intérieur, ndlr) le 4 septembre 2025, s’alarme Rémy Chabbouh, porte-parole de Sud-SDMIS, syndicat majoritaire. Ce projet de loi est totalement déconnecté de la réalité. Aucun des 22 articles n’aurait changé quoi que ce soit à ce qu’on a pu vivre durant l’été. Il n’y a aucune mention sur les moyens humains, matériels financiers et la santé. »
Son collègue Brian Canale est sur la même ligne. Le secrétaire général de la CGT-SDMIS, affecté à la caserne de Saint-Priest, regrette notamment que les mesures financières soient renvoyées au projet de loi de finances pour 2027 : « Le Beauvau présentait pourtant des pistes de financement pour diversifier les ressources. Comme l’élargissement de l’assiette de la TSCA (Taxe spéciale sur les conventions d’assurance) ou la mobilisation de la ‘valeur du sauvé’ auprès des assureurs et des mutuelles. »

Sud-SDMIS, majoritaire dans le Rhône, forme une intersyndicale
Faute de réponse satisfaisante venue « d’en haut », les 1 316 pompiers professionnels du Rhône s’en remettent au dialogue avec l’échelon local : le SDMIS. Et attendent des annonces fortes de la part de la Métropole, qui assure 80 % du budget du Service. « On demande 150 créations de postes, dont 40 à 50 immédiatement, exprime Rémy Chabbouh. 200 collègues sont partis en colonne de renforts durant l’été. On est passé de 90 000 à 140 000 interventions en 10 ans. Or, les effectifs n’ont pas bougé. »
Le « plan d’action » de la Métropole saura-t-il apporter des réponses ? En mars 2026, en pleine campagne, le duo Sarselli-Aulas affirmait que « la sécurité civile n’est pas une variable d’ajustement budgétaire ».
Parmi les promesses électorales de la tête de la liste de droite et du centre étaient mentionnées « le recrutement de 80 sapeurs-pompiers professionnels sur le mandat », « le renouvellement des véhicules, matériels, systèmes d’information » et « la création d’une nouvelle caserne dans le 8e arrondissement de Lyon ou à proximité. »






























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