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Le futur EPJ Pyramide s’appellera Annie-Steiner

Pour dénommer son futur équipement des Minguettes, la Ville a choisi de rendre hommage à une militante de l’indépendance algérienne.

C’est l’un des gros chantiers du mandat municipal en cours : la construction, à l’angle de l’avenue des Martyrs-de-la-Résistance et de la rue Abbé-Glasberg, d’un équipement pluridisciplinaire de proximité. Sur une surface d’un peu plus de 700 m2, cohabiteront un espace bibliothèque, un espace polyvalent jeunes (EPJ), une salle de quartier et un pôle de ressources numériques fablab. Sans oublier des locaux pour le personnel et un espace vert clos d’environ 250 m2. Les travaux ont été lancés à la rentrée dernière, et l’ouverture est espérée au deuxième trimestre 2025.

Depuis longtemps dans les tuyaux, le projet a toujours été présenté comme l’Équipement polyvalent Pyramide. Mais il faudra désormais l’appeler Annie-Steiner, du nom d’une militante algérienne du FLN d’origine française, fille de pieds-noirs. La dénomination a été approuvée à une très large majorité le 7 octobre en conseil municipal.

« Refusant de voir le système colonial réduire les Algériens à la misère et à l’exploitation, Annie Steiner plaçait les valeurs de liberté au-dessus de tout, ce qui l’amènera à adhérer au Front de libération national », a rappelé, au nom des élus communistes et républicains, l’adjointe au maire Sophia Brikh. Laquelle, avec plusieurs autres collègues élus de Vénissieux, avait entrepris en 2022 un voyage à Alger sur les traces des militants communistes engagés dans la guerre d’indépendance. « Nous avons alors découvert ces hommes et ces femmes, Français ou Algériens de naissance, qui ont combattu ensemble et d’une seule voix le racisme et le colonialisme pour leurs valeurs humanistes. Annie Steiner était de ceux-là. »

Annie Steiner (née Fiorio) n’était pas elle-même membre du Parti communiste algérien (PCA). Son engagement en faveur de la révolution remonte à 1955, quand elle a commencé à travailler dans les centres sociaux qui étaient dirigés par Germaine Tillion, ethnologue et figure de la Résistance de la Seconde Guerre mondiale. « C’est là qu’elle mesure la pauvreté et la misère et prend conscience de l’asservissement et de l’abjection de la colonisation, a précisé le maire, Michèle Picard. La suite est un long parcours d’arrestations et d’emprisonnements, d’abord en Algérie puis en France. »

Libérée en 1961, Annie Steiner décida de retourner en Algérie, dont elle adopta la nationalité à l’indépendance. Décédée en avril 2021, à l’âge de 93 ans, elle est inhumée dans le carré des martyrs du cimetière d’El-Aalia, à Alger.

 

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