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« Le Grand Cahier » au Théâtre de Vénissieux : monstrueusement humains

Présentée le 13 janvier, la création de la compagnie Transports en commun traite d’un monde en guerre vu par le regard de deux enfants.

Léa Menahem dans les décors du « Grand Cahier » (Photo JCL)

Alors qu’elle a souvent travaillé avec le personnage du clown, Léa Menahem entraîne sa compagnie Transports en commun, en résidence au Théâtre de Vénissieux, sur une nouvelle voie. « J’avais envie, explique-t-elle, de proposer aux acteurs d’endosser un rôle physiquement. Que ce soit une métamorphose qui reste un jeu ! »

Être un autre a toujours été la profession de foi des comédiens et Léa parle de continuité dans son travail, en précisant tout de même que « ce sera différent ». Présenté le 13 janvier, Le Grand Cahier est en effet tiré d’un texte de la romancière hongroise (puis suisse) Agota Kristof qui, reconnaît la metteuse en scène, « n’est pas très marrant ». « Évoquant à sa façon la Deuxième Guerre mondiale, le roman a fait polémique. Il est étudié au lycée et c’est ainsi que je l’ai découvert, en terminale. J’avais adoré. Regardées à hauteur d’enfant, les figures qui le peuplent sont très touchantes, au-delà de la violence dont elles sont capables. Le lecteur ne peut pas avoir de jugement sur elles. Il est difficile de les condamner, même si elles font horreur. Toujours quelque chose est à sauver, l’humain est tellement compliqué, surtout quand la situation est extrême, avec la guerre, la famine. Kristof ne va pas chercher le consensus et ça me plaît beaucoup. »

Photo Manon Borot-Bossot

Sur la scène du théâtre où une dernière main est mise aux décors, à quelques jours de la création, Léa parle de sa « sensation de lire un conte ». Elle poursuit : « En termes de scénographie, j’ai voulu rester dans ce domaine enfantin. Après tout, l’absence de morale correspond au monde de l’enfance. J’ai eu envie d’avoir des ombres sur le plateau, de décaler l’image, de projeter des silhouettes. Sur scène, les maisons sont aussi des loges, des coulisses où les acteurs se changent. Elles sont inspirées de l’art brut. »

Elle a également tenu à la présence du papier un peu partout dans le décor. « Le grand cahier qui donne son titre au spectacle est celui dans lequel les enfants consignent leurs expériences. »

Décrivant le style « sans fioriture, d’une langue comme un scalpel » du roman, elle dépeint Le Grand Cahier comme « ludique, excessif, avec des personnages hauts en couleurs relevant du domaine de l’archétype ».

Le Grand Cahier de la compagnie Transports en commun : 13 janvier à 20 heures au Théâtre de Vénissieux.
Tarifs : de 5 à 19 euros.
Atelier théâtre adultes le 14 janvier, de 14 à 17 heures : Dans la peau de personnages intenses. Gratuit sur inscription. Dès 15 ans.
www.theatre-venissieux.fr – 04 72 90 86 68.

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