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Essure : « C’était psychologiquement effroyable »

Frédérique Lassonnerie a été victime des implants Essure. Un an après son explantation, elle témoigne de son parcours.

Elles sont au total près de 200000, en France, à avoir été implantées avec le dispositif Essure, un implant contraceptif définitif aux effets secondaires très graves chez de nombreuses femmes. Aujourd’hui, elles sont près de 30000 à avoir été explantées — c’est-à-dire qu’on leur a retiré l’implant. Avec, bien souvent, le retrait des trompes et de l’utérus.

Pour Frédérique Lassonnerie, d’origine Vénissiane, l’explantation a eu lieu il y a seulement un an. Comme de nombreuses femmes porteuses du dispositif Essure, elle a été victime d’errance médicale pendant des années. « On m’a mis l’implant en 2009. Quand ma ménopause est arrivée, en 2017, les douleurs aussi. J’avais mal au ventre, aux articulations. »

Professeure de formation musicale à Saint-Fons, elle a aussi commencé à ressentir des « confusions mentales » et une perte de coordination dans ses doigts. « Je n’arrivais plus à jouer du piano, cela affectait mon métier », se souvient-elle.

Une radio salvatrice

Malgré ses appels à l’aide auprès de son médecin généraliste et de son gynécologue, personne ne la croit. « Quand j’arrivais, ils levaient les yeux au ciel », regrette-t-elle. Mais en septembre 2020, elle décide de faire un bilan rhumatologique auprès d’une ostéopathe. « Suite à une radio, elle a vu que j’avais un implant Essure et elle m’a averti des effets que ce contraceptif pouvait déclencher chez les femmes. »

Pour dénoncer ce « scandale sanitaire », les journalistes Jacqueline Maurette et Delphine Bauer ont écrit un livre, « Au mépris du corps des femmes », sorti le 20 octobre. Dans cette enquête, on découvre que le groupe pharmaceutique Bayer a dédommagé des femmes américaines qui avaient porté plainte, dès 2005. Puis que l’entreprise a retiré son produit du marché en 2017, sans donner de raisons. Et surtout que le processus de certification des implants en Europe a été, à l’époque, très laxiste.

« Comment se fait-il que les gynécologues qui ont implanté ces contraceptifs n’aient pas recontacté les patientes pour les informer des possibles effets secondaires qu’elles peuvent avoir ? », se demande Frédérique Lassonnerie, suite à la lecture de ce livre. Aujourd’hui ses douleurs ont presque toutes disparu, mais le traumatisme, lui, reste : « C’était psychologiquement effroyable. Je n’attends qu’une seule chose: la reconnaissance des cas. »

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