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Neïl Dauxois, en route pour Jérusalem

Ce jeune homme a décidé de tout lâcher et de marcher seul jusqu’à Jérusalem, une aventure humaine pour découvrir de nouvelles cultures.

© Emmanuel Foudrot

« Je veux aller à la rencontre du monde » : c’est ainsi que le jeune Neïl Dauxois présente son voyage. Une aventure avant tout humaine, au départ de Vénissieux et à destination de Jérusalem, un chemin qu’il va parcourir en marchant.

À 25 ans, il a en effet décidé de changer radicalement de vie pendant un an, afin de « ne plus être enfermé dans (s)a routine ». « Je sors clairement de ma zone de confort, c’est un sacré défi que je me lance. Je n’y vais pas dans une démarche religieuse. J’y vais pour rencontrer de nouvelles personnes, des cultures différentes. »

Il a donc choisi de parcourir, seul, plus de 4 000 km, en sillonnant l’Italie du Nord, les Balkans, la Grèce, la Turquie, Chypre, le Liban, la Jordanie, et les territoires Palestiniens pour enfin arriver à Jérusalem.

Cette envie est née en 2019 : il s’était alors envolé pour la Cisjordanie pour être animateur dans le camp de réfugiés Askar. « Un militant palestinien a créé un espace, un peu comme un centre social, afin de proposer des animations pour les enfants, avec du sport, des travaux pratiques… Je suis parti là-bas pendant un mois. J’ai visité Jérusalem à ce moment-là et j’ai beaucoup aimé et c’est pour cela que je souhaite y retourner. »

Il a volontairement choisi de parcourir l’ensemble des pays des Balkans pendant son périple. « C’est une région avec une histoire très riche. » Il a aussi préféré éviter certaines zones de conflits comme la Syrie. « C’est compliqué de rentrer dans le pays. Vu que je fais tout le voyage à pied, ça peut être dangereux. Je vais donc passer par Chypre. Je vais prendre le bateau dans le sud de la Turquie, parcourir l’île du nord au sud, puis prendre un bateau pour le Liban. »

Là aussi, son parcours risque d’être semé de quelques embûches. Le pays souffre en effet d’une crise économique et humanitaire sans précédent et il devra donc de nouveau abandonner la marche pendant un petit laps de temps. Il prendra alors l’avion, direction Amman, la capitale de la Jordanie, puisque « les frontières entre le Liban et Israël sont fermées ». Il recommencera alors son voyage à pied, jusqu’à la frontière de la Cisjordanie et arrivera enfin à Jérusalem.

Le cœur sur la main

L’association Route de Jérusalem, qui accompagne des groupes de marcheurs depuis 1970, a aidé Neïl dans ses préparatifs. « J’ai tracé le parcours seul, mais ils m’ont conseillé des endroits où passer par rapport aux contacts qu’ils peuvent avoir sur place. »

Cette association aconfessionnelle et apolitique prône « le partage entre toutes les religions, Jérusalem est un symbole de paix et aussi de conflit, un lieu important pour la religion juive, musulmane et catholique », et c’est pour cela que le jeune plombier de profession a choisi de faire appel à eux. « Cette idée-là, je veux moi aussi la partager dans mon voyage », nous confie-t-il.

 

Le jeune homme, assez sportif, assure ne pas s’être préparé plus que cela avant cette longue marche qui lui prendra entre dix et douze mois, estime-t-il. Mais Neïl Dauxois n’en est pas à son coup d’essai. Toujours accompagné par l’association Route de Jérusalem, il y a trois ans, il a pris part au projet « Trace ta route ». « Nous sommes partis de Nice jusqu’à San Remo en Italie, à pied, pour aller à la rencontre des associations qui aident les migrants à la frontière. Ça a duré deux semaines. »

Il pense marcher environ 30 kilomètres par jour pour arriver à destination. Même s’il sait que les premiers jours risquent d’être durs, il espère s’adapter assez rapidement, et prendre son temps, s’il en ressent le besoin. « Je veux me laisser l’opportunité de rester plus longtemps dans des villes ou dans des pays. »

Muni d’un sac à dos d’une dizaine de kilos, avec un duvet, un réchaud, une tente et quelques habits, il a démarré son périple le 15 mai dernier, devant la mairie de Vénissieux. « Je viens de Lyon 3, mais j’ai toujours passé beaucoup de temps à Vénissieux. Toute ma famille et tous mes amis viennent d’ici. Je peux même dire que je connais mieux Vénissieux que Lyon 3. »

Ses peurs et ses espoirs

Même s’il paraît sûr de lui et de son voyage, Neïl a quand même quelques peurs quant à son aventure. « J’appréhende les rencontres, ce qui est bizarre puisque c’est aussi le but de mon voyage. Je vais faire appel à l’hospitalité des gens que je vais croiser. J’ai peur qu’ils se méfient. Je suis un homme, seul, qui marche jusqu’à Jérusalem. Je me mets à leur place et je me dis, si je vois quelqu’un seul qui fait ce voyage, est-ce que je vais l’accueillir chez moi ? »

Mais il a prévu quelques astuces afin de faciliter le contact avec les personnes qu’il rencontrera. « Une carriole que je vais tirer va me rejoindre sur le chemin. Elle sera à l’effigie de Route de Jérusalem, ça peut donner confiance aux gens et créer la discussion. Des amis et des membres de l’association devraient aussi marcher quelque temps avec moi, ça pourra faciliter le contact. J’apporte aussi une tente, comme ça, je peux dormir dans le jardin des personnes, si elles ne veulent pas que dorme chez elles. »

Ses proches se sont retrouvés dimanche matin devant la mairie de Vénissieux afin de lui dire un dernier au revoir avant le début de son périple. © Emmanuel Foudrot

Même s’il veut faire une coupure totale avec les réseaux sociaux, il prévoit de garder un lien avec sa famille. « Mes parents m’ont toujours encouragé. Ma mère est très inquiète, mon père de son côté m’a poussé, donc je vais les tenir au courant de mes avancées. Je vais aussi écrire un petit carnet de bord, sur mes rencontres, mes aventures, que je vais régulièrement partager à l’association. » Pour son départ, sa famille et ses amis lui ont aussi prévu une petite surprise : une pochette avec des petits mots, « pour lui donner de la force quand il en aura besoin« , nous dit une de ses proches.

Alors que son expédition ne fait que commencer, il est déjà impatient de découvrir ces nouvelles régions du monde. « On vit par mimétisme et là, je vais perdre mes repères, ne plus être dans les carcans de la mentalité française. C’est ça qui est excitant ! J’ai hâte de voir quel impact ce voyage va avoir sur moi. »

4 Commentaires

4 Comments

  1. CHOUZENOUX

    10 août 2022 à 18 h 39 min

    Lors de notre roadtrip en van 🚐 avons rencontré Neil et une amie quelque part sur la route entre la frontière monténégrine et Sarajevo… Nous avons échangé avec grand plaisir autour d’un verre d’eau frais. Super contact, très belles personnes☺️
    Bonne continuation et félicitation pour cette façon de vibrer et cette belle énergie de vie 😘🎒🇧🇦🌍🇮🇱🙌🏆

  2. Kad

    1 août 2022 à 20 h 57 min

    Incroyable, ce voyage est en tout cas admiré par d’autres et en inspire ! Arrivée à Chypre après un voyage en Jordanie en juillet, j’ai rencontré un voyageur espagnol qui m’a parlé d’un lyonnais rencontré à Amman, qui voyageait de Lyon à Jérusalem à pieds. C’était probablement Neïl. Bravo !

  3. VARTANIAN

    19 mai 2022 à 13 h 18 min

    Un Grand Merci Éva et Cédric d’avoir accueilli mon neveu Neïl. C’est très généreux de votre part.

  4. Oliva Eva et cedric

    18 mai 2022 à 22 h 03 min

    Nous avons accueilli Neil à yenne en Savoie 😊

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