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Climat : Serfim TIC traque ses émissions de CO2

Pendant trois mois, Serfim TIC a défini un plan pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

 

Serfim TIC s’est appuyé sur des données précises pour consolider son bilan carbone. (Photo WeCount)

Dans la spacieuse salle de pause du rez-de-chaussée du siège de Serfim TIC, 14 diplômes encadrés trônent au-dessus des machines à café. Chacun correspond à une certification validée dans les domaines de la Responsabilité sociétale d’entreprise (RSE) et de la Qualité sécurité et environnement (QSE). Le palmarès de cette société située au Moulin-à-Vent s’est bien étoffé ces dernières années. « La politique QSE-RSE fait partie de l’ADN de notre entreprise, » confirme Xavier Peillon, responsable communication.

Dernièrement, la filiale du groupe Serfim s’est attelée à réaliser son bilan carbone pour réduire ses émissions de CO2. D’octobre à janvier, l’entreprise s’est engagée dans un programme collectif piloté par WeCount, une start-up lyonnaise experte des enjeux climatiques. « Ce sujet est dans l’air du temps, observe Aurélie Fallourd, responsable QSE-RSE-Climat. On note une prise de conscience citoyenne. Aujourd’hui, elle doit se faire au niveau des entreprises. »

Durant les six premières semaines de la « Promotion climat », l’équipe « énergie » de Serfim TIC a compilé toutes sortes de données pour calculer le bilan carbone avec précision. Le poste « déplacements professionnels » a vite clignoté en rouge. « Nos collaborateurs effectuent 11 % de leurs déplacements en avion, contre 89 % en train, précise Aurélie Fallourd. Pourtant, ces quelques trajets aériens représentent 95 % des émissions de CO2, contre 5 % pour les trajets ferroviaires. »

Un parc auto à moderniser

En amont, Serfim TIC avait déjà réduit de 39 % la consommation de ses véhicules d’entreprise, utilisés pour ses interventions. La flotte automobile, grosse dépensière en termes de carbone, a évolué. Les premiers utilitaires électriques ont remplacé les engins les plus polluants en 2020. Des hybrides, combinant électricité et hydrogène, ont été achetés en 2021.

Fin janvier, l’entreprise, émettrice de 2 157 tonnes de dioxyde de carbone en 2021, avait toutes les cartes en mains pour définir sa stratégie. L’objectif est de réduire les émissions de CO2 de 4,2 % par an. « C’est ambitieux mais cohérent avec notre démarche volontaire, estime Aurélie Fallourd. Nous nous engageons à suivre la trajectoire de +1,5°C compatible avec l’Accord de Paris. »

Dès lors, des actions concrètes se mettent en place : inciter les fournisseurs à augmenter la part de produits recyclables et reconditionnés ; prolonger d’un an la durée de vie du matériel informatique ; ou solliciter les collectivités pour améliorer la desserte de transports en commun près de ses cinq agences.

« Notre force de frappe est plus puissante que celle du colibri de la métaphore, affirme Aurélie Fallourd. Cette politique demande de l’investissement et le retour financier n’est pas garanti. Au mieux, nous limiterons nos dépenses énergétiques. Mais nous devons réussir à faire cohabiter le triptyque écologie-économie-stratégie. »

Serfim TIC, experte de la fibre et des réseaux de télécommunications

Cette société du groupe Serfim est spécialisée dans l’ingénierie, la conception, l’installation et la maintenance de systèmes d’information et de télécommunications. L’entreprise vénissiane emploie 250 collaborateurs et génère 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ses domaines de compétences sont variés : déploiement de fibre optique, réseaux dédiés aux objets connectés, sûreté, gestion du trafic routier et communication numérique.

Questions à Marine Fouquet (WeCount) : « 1 % des entreprises réalisent leur bilan carbone »

Marine Fouquet, animatrice de promotion chez WeCount. (Photo WeCount)

En matière de réduction d’émissions, Serfim TIC va-t-elle dans la bonne direction ?

« Dresser un bilan carbone est une démarche longue et fastidieuse. L’équipe de Serfim TIC s’est fortement impliquée pour aboutir à ce résultat. L’entreprise a pu découvrir que sa flotte de véhicules représentait 36 % de ses émissions de CO2. Cette démarche de collecte est nouvelle. Selon une étude BPI France, 80 % des dirigeants des PME-ETI souhaitent une réaction d’urgence face au changement climatique. En réalité, selon les bilans publiés par l’Ademe, seulement 1 % des entreprises réalisent leur bilan carbone. Heureusement qu’on a des pionniers motivés. On note une vraie volonté chez le groupe Serfim. D’autres de ses entités vont participer aux prochaines promotions climat. »

Pourquoi réaliser un bilan carbone ?

« Il y a tout d’abord la question de l’image et de la communication. Mais il existe bien d’autres aspects. La pression des pouvoirs publics s’intensifie. La démarche peut venir des salariés : la nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail est sensible à ces questions. L’action dépend aussi de la conviction des dirigeants. Les émissions de carbone peuvent générer des risques lorsque l’entreprise utilise beaucoup d’énergie fossile. Quand le prix du carburant augmente, c’est l’occasion de rationaliser son activité. »

Quelles actions une entreprise peut-elle mettre en place facilement, sans forcément passer par un bilan carbone ?

« Une entreprise industrielle a tout intérêt à établir son bilan carbone avant d’agir. C’est ce qui permet de décider d’actions faciles à mettre en place. Il faut compter pour pouvoir rationaliser. L’idée est d’avoir une vision à long terme. De cette manière, l’entreprise peut se projeter à dix ans. Il y a là un intérêt stratégique quant à son positionnement dans un monde qui évolue. »

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