Vénissieux en rire : une salle sous hypnose

Avec son spectacle « Au-delà du réel », l’hypnotiseur Abdelali Abd-Rabi conquiert son public.

Ce 25 septembre, à la salle Érik-Satie, pour une nouvelle soirée de Vénissieux en rire, le public était on ne peut plus ravi. Hypnotisé, pourrait-on dire. Et il y avait de quoi.

Après les facéties de l’humoriste Farouk Wahrani et ses déboires en tant qu’employé de préfecture, l’hypnotiseur Abdelali Abd-Rabi fait monter sur scène une vingtaine de personnes. Il les a choisies après un exercice tout simple : la salle entière debout, les pieds joints, doit se concentrer sur ses mains croisées et ses deux index levés. En un coup d’œil, Abdelali sait qui va pouvoir venir auprès de lui. Ils sont donc une vingtaine et la plupart semblent s’endormir et se couchent. Une jeune fille résiste et se relève en s’appuyant sur le dossier d’une chaise. « Ça ne marche pas avec moi », lance-t-elle avec fierté. Abdelali lui donne raison et lui demande de retourner à son siège. « Le problème, ajoute-t-il, c’est que tes mains sont fixées et que tu ne peux les détacher. » La fille lutte de toutes ses forces mais ne peut détacher ses mains de la chaise.

Photos : Nicolas Semenioukoff

Contrairement à d’autres spectacles du même genre, Abdelali ne cherche jamais à ridiculiser ceux qui acceptent d’être hypnotisés. Au contraire, il les valorise et c’est le talent comique de ces amateurs qui est mis en avant, leur aplomb, leurs réactions. Comme ces deux jeunes gens à qui l’hypnotiseur affirme qu’ils se prénomment Kiwi — allusion au changement de prénom désiré par un pseudo-candidat à la présidentielle. Leur copain, au premier rang, se marre. C’est n’importe quoi, ses potes connaissent bien leur prénom. « Comment tu t’appelles ? » demande Abdelali au premier. « Kiwi ! » Et toi, questionne-t-il le second. « Kiwi ! » Et quand le copain les appelle par leurs vrais prénoms, les deux froncent les sourcils et ne comprennent pas qui est ce type — « Un inconnu », se plaignent-ils — qui ose les appeler d’un autre nom que le leur. Qui est Kiwi.

À la vision de tels spectacles d’hypnose à la télévision, on a la fâcheuse habitude de traiter de comparse quiconque obéit aux ordres du magicien. Ici, Abdelali ne proclame jamais qu’il est un magicien mais parle de suggestion et l’on ne peut en toute bonne foi prétendre qu’une grande partie du public est de connivence avec lui. Car ils sont nombreux à le rejoindre sous les projecteurs.

L’artiste double son show d’un véritable discours sur l’estime de soi. Au final, les gens descendent sur scène pour le féliciter, prendre des selfies et le remercier de l’excellent moment qu’ils ont passé. Là encore, la gentillesse et la disponibilité d’Abdelali devraient servir de modèles à tant de stars inarbordables. Tout aussi contents étaient Hamid, Patrick et l’association la Perche, initiateurs de cette soirée.

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