Jérôme, le barré des cités

Avec plus de 18 000 abonnés sur Twitter, la page Mémoire2ville, met à l’honneur les cités à travers la France. Parmi elles, Vénissieux, “une icône de la rénovation urbaine de 1983 à aujourd’hui”, d’après Jérôme, le créateur de la page.
 Vénissieux
Les Minguettes, avenue Oschatz, 1968

Quand on se promène sur la page Twitter de Mémoire2Ville, on retrouve des cartes postales, des articles de journaux, des photos, des vidéos, sur des dizaines de cités en France, de Vénissieux à la Seine-Saint-Denis en passant par Marseille ou encore Bordeaux. Un florilège de souvenirs qui peut toucher de nombreuses personnes à travers la France.

Derrière ce pseudo Twitter se cache Jérôme, 45 ans. Depuis ses 15 ans, il se passionne par la rénovation urbaine. “J’ai archivé la presse et des photographies pour ensuite passer à la carte postale. J’en ai plus de 2000 sur les HLM en France, affirme le collectionneur. J’archive également tout ce qui porte sur l’ARNU, l’Agence nationale de rénovation urbaine, les transformations de la ville, des ZUP aux quartiers.

Alors il s’est naturellement tourné vers l’histoire de Vénissieux « car cette ville est une icône de la rénovation urbaine de 1983 à aujourd’hui et notamment le quartier des Minguettes.”

La ville a eu un fort impact sur Jérôme, notamment lors de la destruction des tours de Démocratie, en 1994. “C’était la première fois que je voyais l’implosion de plusieurs tours en même temps. À cette époque, j’étais tellement fasciné par ces démolitions spectaculaires que je démarchais les entreprises spécialisées pour de la documentation.

Son adoration était telle que même à l’école, ce passionné dessinait les tours qui s’effondrent. Et dans sa chambre, “ce n’était pas des stars du top 50 sur qui s’affichaient sur les murs mais les tours de Démocratie en train de tomber”.

Un devoir de mémoire
Ce travail colossal est comme un témoignage du passé. Originaire de Saint-Étienne, Jérôme a grandi en cité HLM et y vit toujours. “Si je m’intéresse autant aux cités c’est parce que je n’ai connu qu’elles et encore à ce jour, j’aime y vivre”, affirme-t-il.

Enfant du bâtiment” – son père était maçon – il a toujours baigné dans ce milieu et a ensuite travaillé quelque temps aux archives municipales de Saint-Étienne. “J’ai été pris car justement je portais un intérêt particulier aux logements sociaux.”

Et malgré les nombreuses destructions, le collectionneur s’accroche. “Les voir disparaître petit à petit ne fait qu’augmenter mon acharnement pour conserver la mémoire de ces lieux. Quelque part, c’est aussi pour rendre un hommage à tous ces travailleurs qui ont travaillé dur. Pour moi comme pour beaucoup d’autres personnes, elles sont nos souvenirs, elles ont une âme.

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