Vénissieux rejoint l’association « Territoire zéro chômeur »

Mardi soir, le conseil municipal a voté en faveur de l’adhésion de la Ville à l’association Territoire zéro chômeur longue durée. Mais les élus n’ont pas caché leurs réserves.

Une demande d’adhésion, mais des questions qui restent en suspens. Mardi soir, le conseil municipal de Vénissieux a affiché sa volonté de voir la ville de Vénissieux rejoindre l’association Territoire zéro chômeur longue durée (TZC). Celle-ci déploie un dispositif qui doit notamment permettre de réduire le nombre de chômeurs longue durée dans les communes adhérentes.

L’État avait ouvert en décembre 2020 le processus de candidatures de nouvelles communes. Depuis trois ans, et le lancement du dispositif, ce sont une dizaine d’expérimentations qui ont été menées en France – dont une à Villeurbanne.

« L’objectif de l’expérimentation est de montrer qu’il est possible, à l’échelle d’un territoire, sans surcoût pour la collectivité, de proposer à tout chômeur de longue durée qui le souhaite, un emploi à durée indéterminée et à temps choisi, en développant et finançant des activités utiles et non-concurrentes des emplois existants, pour répondre aux besoins des divers acteurs du territoire, expliquait Nicolas Porret, adjoint au maire en charge de l’économie sociale et solidaire et du commerce. (…) La ville de Vénissieux souhaite marquer son intérêt pour le dispositif, formaliser son engagement et en évaluer la faisabilité en adhérant à l’association. »

« Cette adhésion constitue une première étape permettant de collecter davantage d’informations sur la mise en œuvre possible du projet en bénéficiant du retour d’expériences d’autres collectivités adhérentes, ainsi que d’une formation en continu tout au long de la mise en œuvre du projet », précisait l’élu.

Une proposition d’adhésion qui a été adoptée, par le conseil municipal, à l’unanimité, l’opposition regrettant « le retard » pris dans la démarche.

« Les chômeurs de longue durée ont des compétences, des potentiels à mobiliser et à valoriser, commentait le maire de Vénissieux, Michèle Picard. Il faut lever les obstacles, les accompagner dans leurs démarches, leur redonner confiance aussi, pour ouvrir le chemin vers l’emploi ou la formation. (…) L’adhésion de notre ville est une première étape. Il reste encore devant nous des inconnues, en matière de financement, notamment des locaux, dont l’expérimentation a besoin, pour développer et diffuser les projets. Nos services et nos partenaires vont s’y atteler, en inscrivant ce dispositif dans la perspective des conséquences économiques et sociales, de l’après-crise sanitaire. État, collectivités, partenaires économiques, tout le monde devra être présent à ce rendez-vous, et redoubler d’efforts dans les quartiers populaires notamment. »

Car c’est peu dire qu’au sein de la majorité, la participation de la ville au dispositif soulève certaines interrogations – au-delà de son nom, « quelque peu vendeur voire démagogique » selon le maire. « L’essentiel [de la lutte contre le chômage longue durée] se joue dans l’économie, avec le rôle central des entreprises et notamment des grandes entreprises et de leurs investissements, estimait ainsi, pour le groupe des élus communistes, Aurélien Scandolara. (…) Nous rappelons aussi qu’on ne fait pas reculer le chômage en augmentant la précarité, en supprimant le droit du travail, et en individualisant les énormes besoins de formations professionnelles dus aux évolutions technologiques. C’est pourquoi nous sommes attentifs au contexte de cette démarche, et pourquoi nous souhaitons que la ville soit attentive au contenu et aux conditions de mise en œuvre. »

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