Tombée dans l’émotion générale

Ce vendredi, à 10h30, la barre ICF de la rue Gaston-Monmousseau a été démolie par explosion. Pour de nombreux Vénissians, l’émotion a été immense. Avec cette opération, c’est tout le renouvellement urbain du plateau des Minguettes qui avance.

 

Cinq secondes, et puis plus rien. Ou plutôt un nouveau point de vue, forcément plus dégagé, sur les Minguettes depuis le centre de Vénissieux. Ce vendredi 2 avril, comme prévu, la barre ICF Habitat de la rue Gaston-Monmousseau a été démolie par explosion. Le ciel du plateau s’est alors chargé d’un nuage de poussière, dissipé en quelques instants par le vent d’une journée printanière.

Pour les riverains de la rue Gaston-Monmousseau, cette journée avait d’ailleurs commencé quelques heures plus tôt : dès 6h30, tandis que des techniciens s’affairaient encore à poser de grandes bâches protectrices sur les immeubles voisins de la barre, ils se sont dirigés vers les navettes TCL mises en place pour les conduire vers quatre gymnases spécialement aménagés (Triolet, Colas, Besson et Ostermeyer). En tout, 700 personnes du quartier ont été évacuées avant 9 heures. Dans un périmètre un peu plus large qui concerne environ 800 personnes, les habitants ont dû rester confinés chez eux, les volets fermés. Et quelque 300 personnes ont été mobilisées ce vendredi pour assurer le bon déroulement de l’opération, notamment de très nombreux agents municipaux.

« J’ai vécu ici pendant une dizaine d’années, de 1985 à 1995, témoignait Zouhir, venu assister à la démolition, depuis les abords du parc Louis-Dupic, avec son fils de trois ans. Je n’habite plus sur la commune de Vénissieux, mais quand j’ai lu dans la presse que la barre allait être détruite, j’ai pris ma matinée et je suis venu. Cet immeuble, c’est beaucoup de souvenirs. Ma maman y a habité jusqu’à la fin de sa vie. J’avais beaucoup de copains, répartis dans les différentes allées et les tours aux alentours. La démolition de la barre, c’est une décharge d’émotion pour moi. »

« Ça fait 20 ans que j’habite en face de cette tour, racontait pour sa part Mohamed, un riverain rencontré au gymnase Alain-Colas. Voir sa destruction aujourd’hui, c’est comme être au chevet d’un être cher. Chaque matin, quand j’ouvrais mes volets, c’était presque la première personne à qui je disais bonjour. »

« Reconstruire sans oublier le passé »

« C’était un moment intense, vécu dans l’émotion, déclarait quelques minutes après l’événement Michèle Picard, le maire de Vénissieux. Avec la démolition de la barre ICF, nous poursuivons la transformation de notre ville. Une étape ‘naturelle’ qui s’inscrit dans le prolongement de la dynamique urbaine, économique, sociale et environnementale que nous souhaitons dans tous nos quartiers. Notre ambition : rendre ces derniers plus attractifs, plus humains, et améliorer la qualité de vie des habitants. Démolir pour reconstruire, sans toutefois oublier le passé. »

« La destruction de la barre ICF suscite pour nous tous, élus, habitants, une émotion intense où se mêlent nostalgie et espoir, poursuivait l’édile. Il est toujours douloureux pour les habitants d’assister à la destruction de l’endroit où ils ont vécu, où leurs enfants sont nés. Ces lieux ont une histoire, leur histoire, et en voyant basculer ces blocs de ciment, ces bouts de mémoires, chacun a pu avoir la gorge serrée, les yeux brouillés de larmes. »

« La démolition de ce bâtiment d’ICF Habitat est un moment marquant pour Vénissieux et le plateau des Minguettes, assurait également Béatrice Vessiler, vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge de l’urbanisme et du cadre de vie. C’est une page d’histoire du territoire qui se tourne afin d’en écrire une nouvelle avec les habitants. En ouvrant le quartier en direction du centre-ville et sur le reste de la Métropole, c’est une étape importante qui est franchie dans le renouvellement urbain de la commune. »

Une étape, en effet, puisque après cet immeuble de 197 logements, ce sont les trois tours Monmousseau d’Alliade Habitat et la petite barre ICF Habitat qui feront l’objet d’une démolition, d’ici quelques années. En attendant, les opérations de relogement de ces immeubles sont lancées. Et le réaménagement de l’espace laissé libre par la barre aura, lui, sans aucun doute démarré.

Revivez en vidéo la démolition de la barre ICF :

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