À Léo-Lagrange, les hauts et les bas du chauffage urbain

En proie à des problèmes de chauffage récurrents depuis trois ans, des habitants de la rue Maxime-Gorki tirent la sonnette d’alarme. La Ville, les bailleurs et la Métropole, propriétaire du réseau de chauffage, indiquent travailler en concertation sur ce dossier.

C’est une épée de Damoclès suspendue au-dessus des résidents des bâtiments 1 et 2 de la rue Maxime-Gorki. « Depuis près de trois ans, le chauffage tombe plus ou moins régulièrement en panne, s’agace Marina Galspian, locataire d’un appartement. Parfois, cela peut durer quatre à cinq jours. Comme les bâtiments sont mal isolés, on perd un degré par jour sans chauffage. Il nous est arrivé de relever des températures de quinze degrés ! »

Pour Daniel Jacobeli, représentant de la Confédération nationale du logement, qui vit dans le même immeuble, « le chauffage a fait le yoyo pendant les deux derniers mois, sans jamais atteindre 19 degrés, avec des températures parfois inférieures à 15 degrés ». Il poursuit : « Notre bailleur, Alliade Habitat, nous a donc prêté des radiateurs électriques. Pour ma part, j’ai constaté en novembre une surconsommation de 164 % sur ma facture, qu’ils se sont engagés à rembourser« . D’autres locataires ont même évoqué des chiffres proches de 13 degrés au micro de la chaîne d’information continue BFMTV, qui n’a pas hésité à titrer dans un raccourci racoleur : « Trois ans sans chauffage ».

Des bâtiments anciens

Alors, trois ans sans chauffage, vraiment ? « C’est une bulle médiatique, tempère Pierre-Alain Millet, adjoint en charge du logement, des énergies et du développement durable et conseiller métropolitain. Il y a des difficultés de chauffage, anciennes. 13 degrés cela me paraît particulièrement bas, Quand on mesure les températures avec un appareil certifié elles sont plutôt supérieures à 19°. La vraie question n’est pas la température mesurée, mais la température perçue, vécue. Dans des bâtiments très mal isolés, les parois sont froides. On a alors un ressenti de froid. »

Du côté des bailleurs, Alliade Habitat et GrandLyon Habitat (GLH), si le premier n’a pas souhaité répondre à nos questions, le second s’est montré plus loquace. Il rappelle notamment que l’ensemble immobilier concerné « compte 415 logements gérés par GrandLyon Habitat et 190 logements gérés par le bailleur Alliade Habitat ».

« Personne ne se renvoie la balle »

Concernant les problèmes de chauffage, GLH indique qu’une étude technique a été lancée. Commandée conjointement par les deux bailleurs, elle permettra de « déterminer l’origine des problèmes rencontrés et les actions à mener ». Parmi les mesures envisagées, GLH évoque la possibilité d’un « désembouage hydrodynamique » pour « enlever les boues qui stagnent dans la distribution ». De nouveaux pots à boue modernes seront installés au niveau de l’échangeur chauffage primaire (géré par Vénissieux énergies, société délégataire de la Métropole de Lyon) et de l’échangeur secondaire (géré par les bailleurs). Les planchers bas des logements du rez-de-chaussée seront isolés. Et des sondes de températures vont être posées « dans un échantillon représentatif des logements, afin d’effectuer un suivi rapproché ».

« Les habitants ont raison d’interpeller, de solliciter, parce qu’il y a un vrai problème social et environnemental, assure Pierre-Alain Millet. Beaucoup de bâtiments ne sont pas encore réhabilités, ou pas suffisamment. Il y a des travaux prévus, la question est de savoir comment on fait pour les accélérer, et comment on fait en attendant. Sur ce dossier, j’ai des contacts avec les bailleurs depuis le mois de novembre. Il faut se mettre autour de la table, bailleurs, Ville et Métropole. Une réunion technique est d’ailleurs prévue prochainement. Personne ne se renvoie la balle. »

 

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