Les chercheuses d’art du lycée Jacques-Brel

 Réalisées au sein l’établissement par le collectif Omart et une dizaines de lycéennes, deux fresques lancent un projet de formation à la médiation culturelle, dans le cadre du dispositif Cité éducative.
L’une des deux fresques met en avant des figures féministes : Rosie la riveteuse, Angela Davis, Maire Curie, Frida Kahlo et Hannah Arendt.

« C’est mon pioupiou », dit fièrement Inatéa en désignant un oiseau dessiné sur le mur d’une salle du lycée Jacques-Brel. Cette élève de 1re générale est contente d’avoir participé au projet artistique mené par le collectif lyonnais Omart au sein de l’établissement.

« L’idée est partie d’un réaménagement du 2e étage, indique Ronny Pellat, conseiller principal d’éducation à Jacques-Brel. Les assistants pédagogiques, qui ont une mission de soutien scolaire et sont au nombre de neuf, avaient une salle étriquée pas du tout adaptée. Comme on voulait lui donner une forte identité, nous avons fait un petit questionnaire qui a abouti à une fresque en lien avec le savoir et qui mettrait en avant des figures féministes. »

C’est à ce moment qu’intervient le collectif Omart, qui soutient la nouvelle scène artistique lyonnaise : « Ils sont absolument géniaux ! Ils louent des œuvres aux entreprises. Ils travaillent tous les ans avec douze artistes qu’ils renouvellent. Ils nous en ont proposé deux, afin de réaliser deux fresques : Augustin Discart pour la salle des assistants pédagogiques et Abys pour une autre pièce destinée à accueillir des parents. »

Deux artistes aux styles très différents et qui ont su, en collaboration avec une dizaine de lycéennes, revaloriser deux lieux qui vont à présent attirer beaucoup de curieux. Sur la fresque hyperréaliste aux figures féministes signée par Augustin Discart, on reconnaît Rosie la riveteuse, devenue l’icône du combat féminin, Angela Davis, Marie Curie, Frida Kahlo et Hannah Arendt. Celle d’Abys est un joli entrelacs de feuillages et d’oiseaux.
« Nous nous sommes entraînées à faire toutes ces formes, explique Inatéa, les plus grandes à la bombe, les plus fines au Posca. Abys nous a proposé d’arranger les détails comme on voulait, parce que c’était notre projet. Bien sûr, il nous a aidées parce que c’était un peu dur à faire. On a regardé sur Internet des formes de feuilles originales. Si elles étaient trop compliquées, il les dessinait et nous, on remplissait ensuite avec la couleur. »

Amener l’art aux élèves

La collaboration avec Omart ne va pas s’arrêter là : « Leur concept est original, reprend Ronny Pellat. Ils louent des œuvres tous les mois pour maximiser leur visibilité. Nous avons repéré dans le lycée une douzaine de lieux où on pourra les accrocher : salles des profs, bureau du principal, administration, restaurant scolaire, foyer des élèves, CDI, cages d’escalier, etc. Ces œuvres ensuite tourneront pour que chacun puisse en profiter. »

Mis en place dans le cadre de la Cité éducative, ce projet artistique a un autre but : former les élèves à la médiation culturelle. Le CPE poursuit : « Nous aimerions faire venir des collégiens et nos lycéens leur expliqueraient les œuvres. Nous formerions ainsi une quinzaine d’élèves. Comme beaucoup de ces jeunes ne vont pas forcément vers l’art, c’est bien d’amener l’art vers eux. »

 

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