Le football féminin, victime collatérale du Covid

Sous l’effet d’une politique volontariste, la pratique sportive féminine a connu un bond à Vénissieux ces dix dernières années. La crise sanitaire va-t-elle réduire à néant ces efforts ? La baisse du nombre licenciées au Vénissieux FC est un signe inquiétant.
Équipe de jeunes filles du VFC à l’entrainement au stade Laurent-Gerin, le 17 décembre dernier

La reprise des entraînements début décembre chez les féminines – douze catégories d’âge -, est-elle annonciatrice d’un retour à la normale ? Sif el Islam Ghediri, responsable du pôle féminin du Vénissieux FC, se montre prudent : « Les instances du football et la direction du club ont opté pour une relance progressive. Si tout va bien, les championnats devraient reprendre mi-janvier. Les trêves d’hiver vont être écourtées, et les championnats tireront le rideau plus tard, fin juin. Tout a été fait pour rattraper le retard accumulé durant l’automne. Des entraînements pourront être programmés durant les vacances scolaires, des discussions avec la Ville de Vénissieux sont en cours pour mettre en place une programmation cohérente. »

L’impact de la crise sanitaire sur le sport au féminin est indéniable. Alors que l’opération « Preuve form’elles » lancée par la municipalité en 2009 s’était traduite par une forte augmentation du nombre de pratiquantes, en particulier aux Minguettes (+ 25 %), la situation au sein du VFC ne manque pas d’interpeller. « Pas mal de filles dans les catégories U12-U13 ne sont pas revenues, confirme une joueuse U15, elles ont tiré un trait sur cette saison. » Sa maman ajoute que « l’augmentation du prix des licences a peut-être également joué. »

« Pour ces tranches d’âge, détaille Sif el Islam Ghediri, nous avions 34 licenciées en fin de saison dernière, là on en a une demi-douzaine. Mais je pense qu’il y aura d’autres inscriptions dès le début de l’année, surtout si la situation sanitaire s’améliore. »

Près de 30 % de licenciées en moins

Qu’est-ce qui rend le responsable du pôle si confiant ? « On a perdu globalement près de 30 % des licenciées, mais cette désaffection n’est pas propre au Vénissieux FC, souligne-t-il. Les filles manifestent une vraie passion pour le football, je reste persuadé que le pôle féminin, qui comptait l’an dernier 129 joueuses, va retrouver de sa superbe. Songez qu’en janvier dernier, une centaine de parents ont pris part à la réunion qui donnait les orientations sur le court et moyen terme. Une telle participation, c’est énorme. Les parents sont pleinement intégrés à notre projet. Nous avons maintenu des liens avec eux et leurs filles durant les deux confinements (ndlr : sept lettres d’infos, des exercices à réaliser sous forme de vidéos…). Nous ne manquons pas d’atouts pour rebondir. L’encadrement est assuré par une équipe éducative de plus en plus qualifiée, les joueuses sont accompagnées dans un projet individuel d’apprentissage. Nous avons toutes les raisons de croire à un retour à la normale, même si on doit encore progresser en termes de moyens, d’accompagnement et sur la création d’un espace dédié aux filles. »

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