Sports : le bond de la pratique féminine

Le développement de la pratique sportive féminine impulsé par la Ville depuis une dizaine d’années connaît un franc succès. Le nombre de pratiquantes a bondi, en particulier sur le Plateau des Minguettes.

La Ville de Vénissieux a toujours porté une attention particulière aux différents publics sous-représentés dans le mouvement sportif et éloignés de la pratique sportive. En 2009, à la demande du maire et de l’adjointe au sport, un état des lieux de la pratique sportive féminine avait ainsi été réalisé par la direction municipale des sports, en partenariat avec une étudiante de l’UFR-STAPS de Lyon. Les résultats confirmaient l’insuffisance de la pratique chez les femmes, qui n’étaient qu’un petit tiers à déclarer faire du sport régulièrement. Aux Minguettes, le constat était bien pire avec seulement 12 % de pratiquantes.

Les explications ? La majorité des femmes interrogées faisaient référence à l’aspect trop compétitif de l’offre des clubs, comme frein à la pratique. On peut y ajouter, comme le révéleront par la suite des femmes ayant repris une activité sportive, les contraintes professionnelles, une vie familiale avec enfants très prenante, une certaine appréhension pour (re)faire du sport après des années d’abstinence…

En 2010, la Ville créait un appel à projets, « La preuve form’elles » pour soutenir des initiatives visant au développement de la pratique sportive féminine. En avril 2011, le sujet fut également l’un des thèmes majeurs de la 4e Rencontre Ville-OMS-Mouvement sportif. Ces actions avaient toutes comme dénominateur commun de favoriser l’insertion des Vénissianes dans l’espace public et de les rendre actrices de leurs projets en utilisant le sport comme principale porte d’entrée.

+ 25 % de pratiquantes aux Minguettes

Depuis, qu’en est-il du paysage sportif féminin ? Les femmes sont-elles nombreuses à pratiquer un sport, de façon formelle ou en loisir, avec ou sans licence, dans un club ou dans une structure privée ?

Les derniers chiffres dévoilés par la direction municipale des sports vont au-delà des prévisions les plus optimistes. Le nombre de pratiquantes sur la ville est passé de 33 % en 2008 à 42 % en 2012, et à 47 % en 2017. Sur le plateau des Minguettes, la progression est encore plus évidente : de 12 % en 2008 à 22 % en 2012, puis à 37 % en 2017. Ces statistiques englobent les activités proposées par les structures municipales (EPJ, Maison de quartier, Maisons de l’enfance, Service des sports), les centres sociaux, l’OMR…

Dans les clubs, l’augmentation est moins évidente. Les filles sont encore réticentes à prendre une licence et à s’engager dans un parcours compétitif. À l’exception notable du football qui a vu ses effectifs exploser. Mais globalement, il est clair que la pratique féminine est désormais bien lancée et ancrée dans le paysage sportif de la Ville.

Estime de soi et bien-être

On comprend la satisfaction de la Ville, dont le programme de développement de la pratique féminine à travers ses multiples actions, à commencer par le projet le plus structurant, « La preuve form’elles », a permis à des femmes de découvrir du karaté self-défense avec le Sen No Sen, de la zumba avec le centre social Eugénie-Cotton, de la boxe thaïe soft avec Siam Boxing 69, du foot avec l’EPJ de La Darnaise ou le groupe Be Foot initié par des mères de famille de la Maison de quartier, de la marche nordique à l’initiative de l’AFA Feyzin/Vénissieux, de l’aéro-boxe avec l’Espace École Sport boxe, ou encore du fitness en appui sur le club de judo des Minguettes.

« La preuve form’elles », entre 2010 et 2016, a récompensé au total 16 dossiers, dont trois quarts portaient sur des actions menées aux Minguettes. « Au-delà de l’aspect purement quantitatif, cet appel à projets a également constitué pour le public féminin une démarche de développement l’estime de soi et du bien-être », souligne Benoît Depierre, directeur du service municipal en charge des sports, de la jeunesse et des familles. Les offres proposées hors compétition (pratique libre, activité de loisir, rencontres sans contraintes de résultat, pratique pluridisciplinaire) ont en effet contribué à ce que la mixité devienne une réalité sur les terrains et dans les équipements sportifs vénissians. Joli retournement de situation en une dizaine d’années.

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