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Théâtre de Vénissieux : la joie de survivre

La prochaine quinzaine de novembre sera bien remplie pour le Théâtre de Vénissieux, avec trois spectacles qui montrent la diversité de la scène française. À commencer par le réjouissant Ça grogne chez les vieilles trognes.

Photo : Cie Malgraine

 

Au départ de Ça grogne chez les vieilles trognes, spectacle de la compagnie stéphanoise Malgraine présenté au Théâtre de Vénissieux du 13 au 15 novembre, on trouve quatre textes. Signés d’auteurs différents (Natacha de Pontcharra, Emmanuel Darley, Marc Owitch et Delphine de Vigan), ils parlent tous de la vieillesse et du temps qui passe, dosant de beaucoup d’humour le refus de se laisser aller. Pour incarner ces vieilles trognes mentionnées dans le titre, le metteur en scène Philippe Zarch convoque des marionnettes dont les visages fripés exhortent un peu plus à résister pour mieux profiter encore du temps qui reste, celui chanté par Reggiani qui énumérait les verbes dont il voulait encore jouir : « rire, courir, pleurer, parler, voir et croire, boire, danser, crier, manger, nager, bondir, désobéir ». Le 15 novembre, à l’issue de la représentation, l’équipe viendra discuter avec le public.

Deux jours plus tard, les plus petits (dès 4 ans) viendront explorer Le Grenier à pépé. La compagnie K-Bestan pratique un cirque acrobatique et musical où, là encore, une marionnette — jouée par Céline Arblay — est au centre de tout un bric-à-brac poétique. Son partenaire, Anthony Plos, jongle avec des balles, des quilles et un chapeau melon, joue aux équilibristes et manipule cette grande poupée dont il ne sait pas toujours que faire mais qui plonge les enfants dans l’hilarité. Une petite heure qui s’annonce « comme un rêve d’enfant » comme l’indique le programme, bercé de « petits bonheurs précieux à partager ».

Disponibles pour l’enfer

Enfin, le 22 novembre, on aurait tort de louper Une opérette à Ravensbrück, que Claudine Van Beneden, de la compagnie Nosferatu, a tirée du Verfügbar aux enfers écrit clandestinement par Germaine Tillion au camp de concentration de Ravensbrück. Elle y fut enfermée avec sa mère Émilie — qui mourut gazée dans ce camp en 1945. L’ethnologue qui travaillait à Paris au Musée de l’Homme passa deux années dans cet enfer et, pour subsister et continuer de résister, elle écrivit ce texte à la manière d’une comédie musicale, soutenue par des chansons populaires et une joie de vivre étonnante. Une joie de survivre, pourrait-on écrire, avec une ambiance qui ne peut occulter la lourde présence nazie. Verfügbar désignait celles qui étaient « disponibles » pour les corvées. Quant aux airs entendus — et détournés par Germaine Tillion —, ils proviennent tout aussi bien de morceaux classiques de Gluck ou Saint-Saëns que de chansons grivoises ou populaires (Au clair de la lune), de mélodies tirées de publicités ou des airs des chanteurs en vogue à l’époque.

Prochains spectacles au Théâtre de Vénissieux :
Ça grogne chez les vieilles trognes : 13, 14 et 15 novembre à 20 heures. Dès 14 ans.
Tarifs : de 5 à 19 euros.
Une rencontre avec l’équipe aura lieu à l’issue de la représentation du 15 novembre.

Le Grenier à pépé : 17 novembre à 15h30.
Séances scolaires les 18 novembre et 19 novembre à 9h30 et 14h30. Dès 4 ans.
Tarifs : de 5 à 8 euros.

Une opérette à Ravensbrück : 22 novembre à 20 heures. Dès 14 ans.
Tarifs : de 5 à 19 euros.
Précédé par une Petite histoire à 19 heures. Une rencontre avec l’équipe aura lieu à l’issue de la représentation.

Réservations : 04 72 90 86 68 – theatre-venissieux.fr

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