Carlos Soto : son quartier de Séville

Cela faisait un moment que ça le travaillait, Carlos, d’écrire sur son enfance espagnole. Carlos Soto est un Vénissian de longue date : il explique qu’entre 1971 et 2013, il a vécu à Léo-Lagrange, boulevard Lénine, rue Aristide-Bruant et rue Salengro, avec une parenthèse brondillante. Aujourd’hui, il habite à Chaponnay. Ce goût de l’écriture, il le rattache à son grand-père maternel, Antonio, sa « statue du Commandeur ». « Ce tôlier-carrossier à l’ancienne, propriétaire d’un garage, était un autodidacte… et un adepte de l’autogestion : il se versait le même salaire que ses ouvriers. Il avait été condamné à mort par Franco et avait fait de la cabane. Il ramenait tous les matins le journal et j’attendais qu’il ait fini de le lire pour me jeter dessus. Il m’a fait découvrir Roger Martin du Gard et pas mal d’autres auteurs français. »

Après ce qu’il appelle un parcours atypique (à 10 ans, à son arrivée en France, CP, CE1 et CE2 avalés dans la même année, collège technique à Villefranche, CAP de mécanique générale, dessinateur industriel puis 39 ans de carrière à l’AFPA, dans le bureau des formateurs), Carlos se met à écrire les grandes lignes de ce qui va devenir son premier roman en 2000. En tant que correspondant du Progrès, il suit depuis longtemps les événements culturels vénissians (expositions, Fêtes escales) et, surtout, les manifestations sportives.

« J’ai un peu avancé mon projet de roman, je l’ai mis dans un cahier puis j’ai laissé tomber. Mon père est décédé en 2017 et, par respect pour lui, je me suis dit que je devais achever le livre et le sortir. Ce roman, c’est l’histoire de l’immigration espagnole en France. Avec mes proches, on se retrouve dedans sans s’y retrouver mais je raconte beaucoup d’événements que j’ai vécus. Il y a des faits familiaux et des éléments que j’ai pris ailleurs. Ce n’est pas totalement autobiographique. »

« Un grondement libérateur lâcha dans la nature les nombreux mètres cubes d’eau boueuse »

Quoi qu’il en soit, les deux faits marquants du bouquin ont été, eux, totalement vécus : une inondation gigantesque suivie du crash d’un avion, à un mois d’intervalle, dans la Séville de 1961. « J’avais 8 ans. Ces deux événements m’ont servi de base. Ils nous ont marqués, moi et les autres membres de ma famille. Pour le crash, j’ai tout vu. J’ai été percuté au propre comme au figuré. »

Carlos écrit en continu une centaine de pages, puis ajoute des épisodes supplémentaires pour en atteindre 120. On vit avec lui les aventures de son quartier sévillan, Arbol Gordo. « Au départ, je destinais ce livre à ma famille mais je voulais aussi l’éditer, ce qui est un vrai parcours de galérien. »

Il trouve finalement preneur chez Amazon. Et pense déjà à la suite : l’histoire de deux jeunes plongés en pleine guerre d’Espagne, qui vont vivre la retirada (l’exode des réfugiés vers la France) et les camps de Rivesaltes. « Mon héros va s’engager dans la deuxième DB de Leclerc et va entrer dans Paris avec les chars espagnols de « La nueve », en août 44. »

Dans le cadre de ce nouveau roman, qui va donc se dérouler en Espagne de 1931 à 1939 puis en France jusqu’à la Libération, Carlos recherche des témoignages d’anciens républicains espagnols qui ont fui le pays à l’époque. « Ils sont nombreux dans la région. S’ils sont Andalous et Sévillans, tant mieux ! Ils peuvent me joindre par mail ou téléphone : sotocarlos@orange.fr – 06 24 27 50 87. »

Le Passant sévillan : 13,72 euros. www.amazon.fr

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