Tribu Hérisson : sur le bout de la langue

Voilà un produit typiquement vénissian, réalisé par les musiciens de la Tribu Hérisson, domiciliée à Max-Barel. En collaboration avec Oyenga Simy-Flo, l’ASSFAM, la Maison du Projet, la médiathèque Lucie-Aubrac, le groupe scolaire Anatole-France, le collège Elsa-Triolet, l’Espace Pandora, le centre associatif Boris-Vian, l’association Tradition K, la Maison de quartier Darnaise, Bizarre ! et la Ville, auxquels s’ajoutent de nombreux autres partenaires.

Le cœur de ce projet musical, un CD baptisé Le Concert sous la langue, dont la sortie publique a été fixée au 21 juin, ce sont bien entendu les Vénissians. Ceux qui, venant de partout, sont forcément d’ici.

Depuis de nombreuses années, la Tribu Hérisson (Chems Amrouche aux chant et guitares acoustiques, Xavier Saïki à la guitare électrique et Serge Sana aux piano Wurlitzer, synthé basse, voix et percussions) a travaillé au plus près de la population vénissiane. On se souvient de ce formidable concert donné au cœur de Monmousseau, où musiques et paroles faisaient bon ménage.

Avec ce Concert sous la langue, les noces sont loin d’être rompues. On entend des mots dits dans toutes les langues, prononcés avec plein d’accents différents et en ces temps farouches où le rejet a droit de cité, cela fait du bien à entendre. Signalons la présence de quelques invités de marque, le poète Mohammed El Amraoui, la chanteuse Josy Bay, Michel Boiton et Jérôme Lopez, deux percussionnistes de l’Arfi.

« Le Concert sous la langue, explique les Hérissons, rend hommage à la richesse des langues parlées dans nos villes monde (…) Les compositions empruntent au langage ses qualités musicales. Issues des collectages sonores, des bribes de phrases ou de mots se fondent à l’orchestration. Sous forme de samples audio, elles s’intègrent à une rythmique, à une mélodie. »

Pendant un peu plus de trois ans, d’abord à Vénissieux puis, élargissant leurs investigations, dans la région lyonnaise jusqu’à Bourg-en-Bresse, les musiciens sont allés à la rencontre de personnes polyglottes. Eux-mêmes, tels Chems Amrouche et Serge Sana, le sont aussi. Ils sont entrés en relation avec des structures culturelles, des artistes, ont organisé des débats, des émissions de radio, toujours avec les langues comme fil conducteur.
Tous ces témoignages ou chants issus de langages différents nous permettent d’entendre du français, bien sûr, mais aussi tant d’autres sonorités magiques en ewondo, ourdou, tamoul, pachtou, espagnol, arabe, italien, kabyle, anglais, soussou, créole, khmer, bambara, wolof, malinké… Ajoutons à cela la qualité de la musique, très jazzy, très belle.

Après un premier concert donné le 6 juin dernier à La Tannerie de Bourg-en-Bresse, un autre aura lieu le 25 juin au Périscope (13, rue Delandine Lyon 2). Quant à Vénissieux, la Tribu espère pouvoir organiser un événement à la rentrée.

On peut acheter Le Concert sous la langue dans tous les points de vente habituels au prix de 16,20 euros.

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