Yoyo : le tri récompensé

Yoyo s’est lancé un défi de taille : atteindre l’objectif de 100 % de plastique recyclé en 2025. Plus de 120 familles vénissianes se sont déjà prises au jeu de cette plateforme de récompense collaborative du tri, complémentaire au bac jaune.

« Le fait de recycler fait plaisir, s’amusait la regrettée Agnès Varda. On a l’impression que les choses ne sont pas foutues, pas perdues. On leur donne une autre vie. » Lier tri sélectif et plaisir, voilà bien le credo de Yoyo, plateforme de récompense collaborative du tri, lancée à Vénissieux depuis quelques semaines. « L’idée, explique Antoine Serrouille, chef de projet Yoyo pour le Grand Lyon, est de lutter contre la pollution plastique et d’améliorer les conditions de tri en créant une synergie autour du geste de tri à l’échelle d’un quartier. Geste récompensé par des points qui permettent d’obtenir des places de cinéma, des paniers de légumes, des réductions sur certains moyens de transport, etc., et qui incitent à consommer autrement. »

Et ça fonctionne ! En moins de deux mois, Vénissieux comptabilise déjà huit coaches (l’église de l’Épiphanie, le jardin de l’Envol, le tabac de Vénissy, la maison de l’enfance Saint-Exupéry ou encore des gardiens d’immeubles) et 125 familles enregistrées, sans compter les 545 trieurs inscrits via le drive du centre commercial Carrefour. Coachs ? Trieurs ? Au fait, Yoyo, comment ça marche ? Il suffit de se connecter sur le site yoyo.eco et de créer son profil en tant que coach — si vous disposez d’un peu de temps et d’un espace de stockage plus ou moins grand — ou trieur. Chaque nouveau trieur récupère un premier sac orange chez le coach qu’il aura choisi et qui lui expliquera les consignes de tri (lire encadré). Une fois le sac rempli d’une cinquantaine de bouteilles plastiques transparentes PET écrasées, le trieur le dépose chez son coach, chacun obtenant respectivement 125 et 25 points (à titre d’exemple, une place de cinéma correspond à 500 points). « À intervalles réguliers, poursuit Antoine, les équipes de Yoyo viennent récupérer les sacs chez les coaches et les bouteilles sont transportées à l’usine de recyclage la plus proche, celle de Beaune, pour être transformées en… bouteilles, un vrai principe d’économie circulaire ! »

L’objectif affiché par Yoyo est de mobiliser à terme 10 % des Vénissians. Et à en croire l’agitation qui règne devant la paroisse des Minguettes en ce jeudi de collecte, les habitants du plateau semblent tout à fait adhérer au principe. Déjà une cinquantaine de familles remettent régulièrement leurs bouteilles à Marie-Pascale, ravie de « sensibiliser la population à l’engagement écologique », et 25 trieurs sont recensés une centaine de mètres plus loin dans le bureau de tabac de Séverine qui souligne l’aspect « ludique et facile du sac orange qu’elle considère comme une continuité du quotidien ». Ne reste plus qu’à transformer l’attrait de la nouveauté en un réflexe pérenne.

En savoir plus

Se connecter : www.yoyo.eco
Consignes de tri : le sac Yoyo peut contenir une cinquantaine de bouteilles d’eau, soda, huile, jus de fruits, liquide vaisselle, vinaigre blanc, en PET, transparentes, vidées et compressées, avec ou sans bouchon.
Quelques chiffres
Yoyo est implanté dans cinq agglomérations : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Mulhouse.
La France est le 5e pays consommateur de bouteilles en plastique.
8 millions de tonnes de plastique sont rejetées dans les océans chaque année.
Le taux de recyclage dans les villes est de 20 %. L’objectif est d’atteindre 100 % de plastique recyclé en 2025.

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