La mère de Marin se livre « la tête haute »

Audrey Sauvajon est la mère de Marin, le jeune vénissian sauvagement agressé en novembre 2016 à la Part-Dieu. Elle publie aux éditions Flammarion « La tête haute », un livre qui retrace l’incroyable combat qu’elle a mené avec ses proches pour soutenir son fils.

Quelques dates
– 11 novembre 2016 : agression à la Part-Dieu
– 26 novembre 2016 : sortie du coma
– Février 2017 : création de l’association
– Novembre 2017 : concert de soutien à Décines (69)
– Avril 2018 : Marin reçu par le pape
– Mai 2018 : procès de l’agresseur (7 ans et demi de prison ferme)
– Octobre 2018 : sortie du coffret d’aide aux cérébro-lésés (voir ci-contre)
– 1er mars 2019 : Marin reçoit la Légion d’honneur à l’Èlysée
– 25 mars 2019 : la Région lance un « Prix Marin » pour récompenser les « héros du quotidien »

C’est un livre poignant, dont on ne peut terminer la lecture totalement indemne. Dans « La tête haute », paru aux éditions Flammarion, Audrey Sauvajon retrace le choc de l’accident de son fils Marin, survenu à la suite d’un improbable concours de circonstances révélé à la fin de l’ouvrage. Elle décrit la sidération, les angoisses, l’attente, les doutes et l’indéfectible volonté qui anime celles et ceux qui ont porté Marin à bout de bras depuis plus de deux ans. Elle rappelle aussi que l’intéressé leur a toujours offert en retour de surprenants progrès, faisant preuve d’une rage de vivre et d’espérer peu commune.

De la prise en charge de Marin par les secours à sa première opération chirurgicale, de sa sortie des quinze jours de coma aux affres d’une rééducation difficile, de la rencontre avec le Pape au soutien de Benjamin Biolay, de la création de l’association à celle d’un coffret pour les familles de traumatisés crâniens, des débuts de l’enquête à la douleur du procès, elle évoque sans fard – mais toujours avec pudeur – le combat de son fils et de ceux qui l’ont soutenu : famille, proches, personnel hospitalier, sans oublier les milliers d’anonymes sur les réseaux sociaux.

Espoir
Ce n’est pas seulement le témoignage d’une mère qui se bat coûte que coûte pour son fils, parfois contre les bizarreries et les conservatismes du système médical. C’est aussi un formidable message d’espoir adressé aux victimes d’un traumatisme cérébral. « J’ai voulu montrer que la capacité de résilience est sans limite. Montrer que l’amour pour un enfant peut donner une force incroyable, écrit Audrey Sauvajon. Malgré le pronostic extrêmement pessimiste établi après l’agression, aujourd’hui, plus de deux années ont passé et Marin est toujours parmi nous. » On se souviendra en effet que, pendant de longues semaines, son pronostic vital est resté engagé.

Marin ne sera pourtant plus jamais le même. Son caractère a changé. Il souffre de problèmes neurologiques sévères, certes atténués par la rééducation, mais suffisamment forts pour le priver de sa vie d’avant. Même si, de nouveau, il marche, parle lentement, plaisante volontiers, écrit et jouit d’une relative autonomie.

« Des études révèlent que l’espoir est la première chose dont les familles ont besoin à l’arrivée d’un proche en réanimation », écrit encore Audrey Sauvajon. Ce livre, bien que très dur, en contient beaucoup.

Plus d’informations sur www.latetehaute.fr/

Autour de Marin, le combat pour les « cérébro-lésés »

L’association « La tête haute, je soutiens Marin » propose depuis octobre aux familles de cérébro-lésés* un coffret d’aide aux patients. Baptisé « CAP La tête haute », il doit les aider à « apaiser » la victime et à « établir une communication avec elle ».

Le coffret contient un livret expliquant les bienfaits des pratiques préconisées, avec des conseils pour leur mise en pratique. Rédigé par le Docteur Chérine Fahim, spécialiste en neurosciences, il s’appuie sur près d’une quarantaine de références scientifiques. On trouvera aussi dans le coffret une huile de massage, deux pots de pâte à modeler et quatre capsules à odeur. Plusieurs vidéos pédagogiques sur les techniques de massage sont en outre disponibles sur le site de l’association.

D’une valeur de cinquante euros, il sera offert aux familles qui en feront la demande, ces dernières n’ayant à régler que les frais de port.

L’association met ainsi à profit l’expérience acquise au chevet de Marin pendant plus de deux ans. « Le soir où Marin a été agressé, ainsi que les jours qui ont suivi, j’ai acquis la certitude qu’il fallait l’aider, a expliqué Audrey Sauvajon au cours d’une conférence de presse à l’automne dernier. J’ai alors mis à profit mes insomnies en lisant, en suivant des conférences en ligne, en cherchant des études… Certaines choses ont marché, d’autres moins. »

Les échanges avec des familles de cérébro-lésés via la page Facebook de l’association (plus de 200 000 followers à ce jour) ont aussi été déterminants. « Je me suis aperçue qu’il y avait un manque, un réel problème. Les familles sont perdues, désœuvrées pendant cette période du coma, elles ne savent pas que faire, explique Audrey Sauvajon. À ce moment, les proches ont pourtant un rôle à jouer. En s’appuyant sur des expériences scientifiques, on se rend compte que beaucoup de choses peuvent être mises en place. »

* Cérébro-lésé : personne dont le cerveau a été victime de lésions

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