« Après la fin » au Théâtre de Vénissieux : élégance britannique

 

Que peuvent bien faire deux personnes enfermées dans un bunker après une catastrophe ? C’est le thème du spectacle Après la fin, que la compagnie du Théâtre Exalté monte au Théâtre de Vénissieux le 18 janvier. Auparavant, le metteur en scène Baptiste Guiton a désiré montrer deux étapes de création au public. La première s’est déroulée ce 8 janvier et la prochaine aura lieu le 15 janvier, de 19 heures à 20h30.

En préambule, Baptiste présente Dennis Kelly, l’auteur britannique de la pièce dont il a déjà présenté dans ce même théâtre Mon Prof est un troll. « Il est à la fois auteur, acteur et scénariste, ce qui se sent beaucoup dans son écriture, qui a quelque chose d’insolent. Elle est narrative, très concrète et montre des qualités cinématographiques dans les échanges. Kelly vient du théâtre documentaire, avec cette frontière un peu floue entre la réalité et la fiction. »

Baptiste explique encore qu’en Angleterre, le théâtre public n’existe pas et que les financements sont privés. « Les auteurs échappent aux conventions, au cloisonnement. C’est une liberté qui me plaît beaucoup ! »

Pourquoi s’est-il intéressé à ce texte ? Parce que, reprend-il, il l’a découvert dans une mise en scène du traducteur lui-même. « Cette traduction est superbe. C’est un cadeau d’un metteur en scène à ses deux acteurs. Les auteurs anglais ont la capacité incroyable à dire des choses terribles avec un humour déconcertant. Vous êtes gêné mais vous souriez, vous êtes mal à l’aise mais tout va bien. C’est l’élégance britannique qui vous percute avec une caresse, vous chahute tendrement. »

Pour l’instant, Tiphaine Rabaud Fournier et Thomas Rortais, qui jouent les deux personnages, attendent le signal de départ de la répétition. Pour se poser, ils disposent de deux lits, dont l’un est en hauteur, et de deux chaises autour d’une table. Le reste du décor, constitué d’armatures, est assez ouvert. « Je voulais qu’il y ait de l’air », commente Baptiste.

Le metteur en scène ne veut rien laisser au hasard dans « cette situation catastrophique et catastrophiste ». Il ne veut pas trop en dire, de peur de déflorer son sujet. « Nous sommes face à une séquestration forcée pendant un temps qui va nous échapper. Le huis clos est toujours intéressant au théâtre. Les personnages n’ont que leurs corps et leurs mots pour façonner la situation. On pense ici à la littérature des naufragés, comme si l’on était sur une île déserte. Il est question de reconstruction sociétale. »

Les spectateurs s’en rendent compte au fur et à mesure que les deux comédiens travaillent tout à la fois leurs intonations, leurs intentions de jeu, le pourquoi d’une phrase prononcée sur un ton plus ou moins excédé. À chaque nouvelle scène, il en est toujours un pour prendre le pouvoir sur l’autre. « La démocratie, commente simplement Baptiste, commence à trois ! »

Mais les relations entre Mark et Louise, ces deux amis enfermés — on comprend qu’ils sont simplement copains et non amants quand ils se retrouvent dans cet abri souterrain — posent aussi la question essentielle du couple et de l’amour.

Prochain suivi de création le 15 janvier entre 19 et 20h30 (entrée libre).
Spectacle le 18 janvier à 20 heures. Tarifs : de 5 à 19 euros.
Réservations : 04 72 90 86 68 – www.theatre-venissieux.fr

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