A la Glunière, les Gens du voyage débutent une nouvelle vie

Le projet d’habitat adapté pour 22 familles des Gens du voyage, entamé en 2013, est désormais une réalité. Sur le terrain de la Glunière, caravanes et mobile-homes ont laissé place à des maisons individuelles, conçues pour tenir compte de  la culture de leurs occupants.

Pendant plusieurs décennies, une vingtaine de familles de la communauté des gens du voyage a vécu dans des caravanes et des mobile-homes, sur le terrain de la Glunière, situé au sud de la ville en bordure du boulevard Jodino. Depuis le mois d’avril, elles y occupent de petites maisons, équipées d’une place pour caravanes et d’un petit jardin privatif. C’est le résultat d’un projet de grande ampleur, lancé en 2013 par la Ville.

L’objectif était à l’époque de reloger les familles dans des conditions plus décentes. Pour ce faire, la municipalité s’était associée avec l’Association régionale des Tsiganes et de leurs amis Gadgé (ARTAG), la Métropole et le bailleur Est Métropole Habitat, qui gère désormais la résidence. Le projet a bénéficié d’un budget global de 4,1 millions d’euros, auquel la Métropole contribue à hauteur de 738 000 euros, tandis que l’État apporte 317 000 euros, la Ville 497 000 et Est Métropole Habitat 484 000. Le reste de l’opération est financé par un prêt de 2,1 millions, contracté auprès de la Caisse des dépôts et consignations.

Sur un terrain de 5 084 m2, les 22 maisons occupent une surface de 1 558 m2. Les logements, du T2 au T5, ont été conçus pour limiter les charges de leurs futurs occupants. Chacun d’eux est ainsi équipé d’une chaudière à granulés de bois et d’un ballon d’eau sanitaire thermodynamique. Les locataires disposent en outre d’un espace de stationnement pour un véhicule et une caravane, ainsi que d’une terrasse, d’un jardin privatif et d’un abri de jardin. On notera que durant toute l’élaboration et la mise en place du projet, les familles ont eu voix au chapitre, L’ARTAG ayant été mandatée pour recueillir leurs demandes. C’est ce qui a permis, par exemple, de prendre en compte la problématique de la circulation des caravanes dans l’espacement entre les maisons.

Un projet emblématique

Lors de l’inauguration officielle, le 20 octobre, le maire Michèle Picard n’a pas caché sa satisfaction de voir aboutir un projet, « où chaque obstacle a été franchi, un par un, méthodiquement ». Une belle réussite qui, à n’en point douter, aura marqué le mandat. « Je ne sais pas s’il y a des projets plus beaux que d’autres. Mais ce que je sais, c’est que certains d’entre eux portent en leur sein, plus d’humanité, plus de solidarité, plus de symbole républicain. Ils parlent tout autant d’eux-mêmes, que de l’esprit qui anime notre ville. La Glunière fait partie de ces programmes, dont Vénissieux et l’ensemble de nos partenaires peuvent être fiers. »

Tous les habitants que nous avons rencontrés sont d’ailleurs unanimes : c’est une nouvelle vie qui a commencé pour eux.

Jimmy Reinhardt, ferrailleur

« Une autre vie, plus confortable »

« Depuis tout petit j’ai vécu en caravane. Je me suis installé en 2009 dans un mobile-home, sur le terrain de la Glunière, après m’être marié avec une fille qui vivait ici. Avant d’habiter dans cette maison, on avait l’eau courante collective. L’hiver, parfois, elle gelait… C’était dur mais on faisait avec. Je regrette parfois ma vie d’avant, dans la caravane, quand j’écoutais tomber la pluie en regardant un film. Mais aujourd’hui, c’est vraiment mieux, rien à dire ! C’est simplement une autre vie, plus confortable. Et puis tous les ans, de juin à septembre, on part en famille en pélerinage… »

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