La Mission locale s’attaque à la fracture numérique

Fin janvier, au centre culturel de la vie associative de Villeurbanne, la fondation Orange et les 12 Missions locales du Rhône avaient lancé officiellement leur projet “Le numérique, un atout pour une insertion professionnelle durable”. La fondation Orange avait accompagné son engagement d’un chèque de 50 000 euros. Le projet devant bénéficier à un millier de jeunes en 2017.

Dans une ville comme Vénissieux, ce partenariat tombe à pic. “Nous constatons que les jeunes sont immergés dans le numérique. Mais ceux que nous suivons n’en maîtrisent pas toujours toutes les utilisations, souligne Martial Guiguet, le directeur de la Mission locale. J’estime que la moitié ne sait pas utiliser les pièces jointes dans les mails. Et un tiers au moins ne possède pas d’adresse électronique. Il y a aussi des difficultés avec les outils bureautiques.”

Au sein de la structure vénissiane, on constate en effet que si la plupart des jeunes sont à l’aise avec les outils numériques, ils sont loin d’en exploiter toutes les possibilités. “Comme les démarches se font de plus en plus souvent en ligne, les jeunes rencontrent souvent des problèmes pour effectuer des demandes sociales, déposer des CV sur des sites d’emploi ou pour accéder à des informations juridiques, constate Sabine Aubert, la documentaliste. Par exemple, ils ne savent pas toujours vérifier s’ils se trouvent sur un site web sécurisé, et/ou si les informations qu’ils lisent sont les bonnes. Ils ont aussi parfois tendance à lire un peu trop vite certaines pages, et à cliquer un peu trop vite. Dans un autre registre, ils laissent souvent sur les réseaux sociaux des informations personnelles qui les desserviront dans leurs recherches d’emploi.”

Quinze futurs conseillers spécialisés sont en cours de formation. Pour Vénissieux, c’est logiquement Sabine Aubert qui a été désignée. Déjà rompue aux usages multimédias, elle sera chargée de former à son tour l’équipe en place. “J’ai été désignée comme ambassadrice. Je serai donc chargée de faire le lien entre l’équipe de la Mission locale et Orange, qui prendra en charge une partie de la formation du public. Mais nous sommes aussi en partenariat avec Adecco, qui s’occupera plus spécifiquement de celle de l’équipe de la Mission locale”, détaille-t-elle.

Suivra ensuite la mise en place d’ateliers spécifiques pour les jeunes avec des salariés d’Orange. Puis des modules collectifs accueilleront chaque mois une quinzaine de bénéficiaires de la Garantie jeunes (*). Au programme : identité numérique, accès aux sites de recherche d’emploi, accès à la formation, démarches administratives, accès au droit et gestion de la vie privée.

Durant le second semestre, des moments de découverte des métiers seront organisés en lien avec des entreprises du secteur numérique. “C’est un secteur qui offre des emplois hautement qualifiés, mais pas seulement. Il existe aussi des postes pour des gens qui n’ont pas le baccalauréat. On recherche par exemple des techniciens pour installer la fibre optique, reprend Sabine Aubert. Il faut donc que les conseillers soient formés pour parler de ces opportunités aux jeunes de la Mission locale.” Un site extranet sera aussi créé, afin de diffuser des offres d’emploi et recueillir les candidatures. “On est bien sur notre cœur de métier, qui est d’informer, d’accueillir, d’accompagner et de construire les parcours des jeunes”, conclut Martial Guiguet.

(*) Contrat d’accompagnement signé entre la Mission locale et le jeune.

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