Sillia VL en redressement judiciaire

Moins de trois ans après avoir repris l’activité de fabrication de panneaux photovoltaïques de Bosch, la société Sillia VL s’est déclarée en cessation de paiement le 23 février. Le 1er mars, le tribunal de commerce de Lyon a désigné un administrateur et ouvert une procédure de redressement judiciaire, qui permet à l’entreprise d’échapper momentanément à une liquidation pure et simple.
Ce redressement devra s’appuyer sur un projet de relance de l’entreprise, avec l’appui de nouveaux investisseurs. Les éventuels repreneurs ont six semaines pour déposer leurs offres, que le tribunal examinera lors d’une audience le 12 avril.
À Vénissieux, Sillia emploie 130 salariés, dont 128 anciens collaborateurs de Bosch. À Lannion (Côtes-d’Armor), l’effectif est de 46 personnes. L’usine bretonne pourrait être reprise par Urbasolar, l’un des partenaires de Sillia. Quant au site de Vénissieux, un appel à repreneur pourrait être lancé à l’international.
Il n’est pas certain qu’une reprise par un industriel photovoltaïque soit aisée, tant le secteur souffre de la concurrence asiatique. Ni aisée, ni même souhaitée par une partie des salariés eux-mêmes. En effet, lors du transfert à Sillia de l’activité solaire de Bosch, en 2014, une clause sociale a été signée, qui assure aux ex-salariés les mêmes indemnités que celles prévues par l’équipementier allemand. Le terme de l’échéance est en juin prochain… Persuadés que l’activité ne repartira pas, confortés en cela par les nombreuses périodes de chômage partiel et par l’hécatombe d’entreprises similaires, certains salariés préféreraient être licenciés avant l’été, car les conditions offertes par la multinationale seraient plus « avantageuses » que celles d’une PME.

« Climat d’angoisse »

Mais cette échappatoire est loin d’être une panacée, comme le souligne Franck Fontimpe. Secrétaire (CGT) du CHSCT de Sillia, qui évoque « un climat d’angoisse » chez les salariés. « Le départ en préretraite Bosch ne concerne qu’une trentaine de personnes, explique l’élu. Pour les autres, la perspective c’est Pôle emploi. Avec une moyenne d’âge de 45 ans, ça va être très dur de retrouver du travail. » Le syndicaliste souhaite que Bosch « assume ses responsabilités. Lorsqu’il a cédé son activité solaire à Sillia, il savait que cette entreprise n’aurait pas les reins assez solides. À lui d’aider pour trouver un repreneur crédible ».
Serge Truscello, conseiller municipal (PCF) à Vénissieux, lui-même ancien de Bosch, partage cette analyse. « Lors de la reprise, en 2014, nous avions alerté sur la fragilité de Sillia, sur la nécessité de sécuriser les salariés. » Selon lui, cette affaire montre aussi la faillite d’un système. « Les millions d’euros du CICE servent à fermer les entreprises, pas à investir, dénonce-t-il. On nous rebat les oreilles avec l’énergie verte, la transition écologique, mais qu’est-ce qui est fait réellement ? Il n’y a aucune volonté politique pour développer une filière du photovoltaïque en France ou en Europe ! »

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