«Windhager ne peut pas s’en tirer comme ça !»

-- Rassemblement devant VŽninov ˆ l'appel de la CGT. 3 nov.2016
Près de 150 personnes se sont rassemblées à l’entrée de l’usine Veninov, rue Eugène-Maréchal, ce jeudi 3 novembre, pour exprimer leur colère face à la fermeture annoncée de l’usine historique de Vénissieux.

« Jetés dans la cour des pauvres »
Devant les grilles d’un site qui a vu travailler jusqu’à 1 200 personnes dans les années 1970,  et où les 13 derniers salariés seront mis à la porte le 10 novembre, le délégué CGT de Veninov, Jean-Luc Gras, estime que « le millionnaire autrichien Johann Windhager, propriétaire de l’entreprise, a les moyens de maintenir et développer le site. Pourtant, depuis 2013, il n’a rien fait d’autre que récupérer à bon compte la marque Venilia qu’il va continuer à commercialiser, emmené aux pays-Bas des centaines de rouleaux d’impression qui étaient le trésor de cette entreprise depuis un siècle, et obtenu six hectares de terrain qu’il veut vendre. En contrepartie, il a gardé un minimum d’ouvriers pendant trois ans, jetés aujourd’hui comme des malpropres dans la cour des pauvres. Moi, j’appelle ça de l’escroquerie. Nous, on ne demande pas grand chose, on demande la justice. C’est déjà trop ? »
François Marquès, secrétaire de l’UL-CGT Vénissieux-Feyzin-Saint-Fons, à l’initiative du rassemblement, interpelle à son tour le PDG du groupe. « Monsieur Windhager, vous êtes assis sur une fortune qui ne vous appartient pas. Rendez l’argent ou investissez ici ! »

-- Rassemblement devant VŽninov ˆ l'appel de la CGT. 3 nov.2016

170 000 euros d’aides publiques
Prenant la parole à son tour, le maire (PCF) de Vénissieux, Michèle Picard, renouvelle son soutien aux salariés en lutte, « mais aussi celui de la Ville, du comité de défense, de tous ceux qui se sont impliqués durant deux ans et demi pour la sauvegarde de ce patrimoine industriel vénissian ». En l’absence -remarquée- d’Yves Blein, député (PS) de la circonscription la plus industrielle de la Rhône-Alpes, l’élue rappelle que l’Etat, la région, la Métropole et la Ville se sont impliquées financièrement, à hauteur de 170 000 euros, sous condition d’une relance de l’activité… qui ne s’est jamais faite. « Windhager ne peut pas s’en tirer comme ça, assène Michèle Picard. Il a bénéficié d’aides publiques, il a pris des engagements devant le tribunal. Il doit rendre des comptes aux salariés, aux collectivités territoriales, à la Justice, à l’Etat. Il ne peut pas partir en conservant les marques, les cylindres et le site qu’il a obtenu dans le cadre d’un accord qu’il ne respecte pas. Le gouvernement doit exiger qu’il assume ses obligations et doit l’obliger à respecter le droit français ».

S’engageant à « maintenir la pression sur Windhager » au travers d’autres mobilisations, la CGT va entreprendre une action en justice, confiant le dossier de ce contentieux au cabinet lyonnais Antigone Avocats, spécialisé dans le droit du travail.

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