Journées européennes du Patrimoine : la concordance des temps

ch-hriech04« Vous allez revivre l’école qu’ont connue vos grands-parents. Avec les coups de règles sur les doigts, les bonnets d’âne et les retenues le soir… Non, je plaisante, entrez et venez participer au quizz sur la citoyenneté. »
Ceux qui avaient bravé la grisaille, ce samedi, pour participer aux Journées européennes du Patrimoine, avaient bien fait de franchir le seuil de l’école du Centre. Là, les membres de l’association Viniciacum leur avaient préparé une salle de classe à l’ancienne — qui fut vite pleine —, avec maîtresse en blouse grise, et un petit questionnaire pour tester leurs connaissances républicaines. Pas si facile que cela, d’ailleurs, le quizz ! Ensuite, en visitant l’établissement et le quartier, on pouvait apprendre l’histoire des écoles à Vénissieux. Très enrichissant.
Dans le même temps, devant la médiathèque Lucie-Aubrac, une bibliothécaire célébrait cette belle structure de verre dessinée par l’architecte Dominique Perrault, qui reçut à cette occasion, en 2002, le World Architecture Award, premier prix pour la meilleure construction publique européenne. Puis Xavier Jullien, responsable du service des arts plastiques à la Ville, présentait le travail de Chourouk Hriech, artiste en résidence à Vénissieux, et plus spécialement son dessin placé — temporairement — en haut de la médiathèque. « On retrouve là la passion des jardins de Chourouk, l’influence d’autres jardins et d’autres cultures architecturales et ces lignes régulières qui sont à l’image du bâtiment. »
Le petit groupe de personnes pouvait ensuite suivre une visite guidée de deux cités ouvrières, aux Minguettes et aux Cigognes, en tram ou en vélo pour les plus courageux, avec l’association Janus. Laquelle avait même amené des gens de Saint-Fons pour la balade.
Non loin de là, à l’église Sainte-Jeanne-d’Arc de Parilly, Gérard Petit, le fondateur de Viniciacum, racontait avec plaisir à la dizaine de personnes présentes de nombreuses anecdotes liées à ce lieu de culte : sa construction par les ouvriers de Berliet de 1931 à 1933, ses vitraux particuliers, œuvre d’un peintre-verrier mondialement connu, Théodore Gérard Hanssen, qui montrent la sainte famille menant une vie ouvrière, « avec leurs couleurs violentes pour dépeindre la souffrance et la douleur ». « Ils datent de 1946 et ont été créés dans l’atelier lyonnais du maître verrier Hippolyte Paquier Sarrasin et financés par souscription publique. »
Gérard Petit insistait aussi sur la présence de lithographies du XIXe siècle d’Alexandre Grellet pour le chemin de croix, inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et aujourd’hui déposées au diocèse. Et sur la souscription lancée pour la rénovation de l’édifice.
Enfin, dans l’espace Madeleine-Lambert de la Maison du peuple, plus d’une cinquantaine de personnes attendaient la performance de Chourouk Hriech, accompagnée de deux musiciennes, Hélène Péronnet et Audrey Pévrier. Dessins, vocalises, violons, talent, émotion, poésie et improvisation furent au rendez-vous de ce moment très chaleureux baptisé « Le départ ».
Pour Chourouk qui, tout à la fois, chorégraphiait les images qu’elle dessinait, parfois sans les regarder, et chantait accompagnée par ses deux amies, « la musique produit des images mentales ». Ses dessins aussi, pourrait-on ajouter, que l’on a vus naître, évoluer, se transformer en une figure tangible qui aussitôt, après d’autres coups de feutre, disparaissait pour se métamorphoser en autre chose.
Belle manière de démontrer que d’hier ou d’aujourd’hui, patrimoine et art séduisent toujours. N’est-ce pas cela qu’on apprenait, à l’école du Centre, avec la concordance des temps ?

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