Aux Minguettes, 256 familles en attente de relogement

La réunion du 17 mars a réuni une soixantaine d’habitants

Établir le contact, expliquer le processus de relogement, mais surtout… rassurer. Alors que l’État a validé en janvier la démolition de la tour 36 de la Darnaise et de la grande barre de Monmousseau, la Ville, les bailleurs concernés* et la Métropole ont organisé en mars deux réunions publiques sur le sujet. Il s’agissait du coup d’envoi d’une opération de relogement qui suscite bien des interrogations chez les 256 familles concernées, qui devront être relogées d’ici 2018.
Le 17 mars à l’institut Bioforce, Pierre-Alain Millet, adjoint au logement, au développement durable et aux énergies, s’est voulu optimiste auprès d’une soixantaine d’habitants de la tour 36. “Pour certains, ce sera l’occasion de trouver un appartement dans un autre quartier, voire une autre ville, a-t-il assuré. Mais ceux qui souhaitent rester à Vénissieux, et même dans leur quartier actuel, en ont le droit. Vous pouvez d’ailleurs compter sur la Ville pour suivre attentivement ce chantier de relogement.”

La municipalité, la Métropole et les bailleurs présents aux réunions rappellent que ces démolitions font partie d’une vaste opération de rénovation urbaine, qui vise à “réussir le développement économique et le changement profond du quartier à l’horizon 2024”. Comme l’a rappelé Idir Boumertit, adjoint au maire, en charge du Grand projet de Ville, il est notamment prévu la rénovation de 4 000 logements, la construction de 2 000 autres et la destruction de 1 200 autres encore. Ainsi que l’aménagement de la place du Marché, la requalification du parc des Minguettes et de ses entrées, la création de voiries, l’aménagement de squares et de places… “La précarité et la pauvreté continuent de marquer nos quartiers, même si les chantiers de construction aux Minguettes ont permis à des centaines de jeunes de bénéficier d’actions d’insertion pour l’emploi”, a souligné Pierre-Alain Millet. Lequel s’est toutefois montré inquiet devant “la volonté de l’État de ne plus financer de logements sociaux à Vénissieux. Nous continuons à dire que Vénissieux a besoin de logements sociaux neufs”, a-t-il martelé.

Trouver une solution pour chacun
Reste que pour les habitants, la pilule est parfois amère. “Pour les personnes, comme mon papa, qui est là depuis les années soixante-dix, partir comme ça, quitter le quartier et son voisinage au bout de cinquante ans, c’est énorme… Est-ce qu’on a pensé à ces gens-là, qui sont âgés ?”, remarque une habitante de la tour 36. Une autre enchaîne, résumant l’opinion générale : “On n’a pas demandé à partir, il faut trouver un arrangement au niveau des loyers. Vous nous demandez de quitter notre appartement, et peut-être de payer plus cher ailleurs… C’est dommage de pénaliser des locataires qui ont été fidèles pendant des années.”

“Je ne peux pas dire que vous paierez plus cher. Il faut regarder plus précisément le logement qu’on va vous proposer”, lui répond Vincent Mazoyer, responsable mobilité résidentielle à GrandLyon Habitat. Qui précise que les propositions de logements devront tenir compte des ressources des locataires, ainsi que des besoins qu’ils auront exprimé. “On vous proposera un logement qui tiendra compte de vos demandes, notamment vos souhaits de localisation, un logement qui sera adapté à la taille du ménage, et dont le loyer ne doit pas vous mettre en difficulté. Nous ferons tout pour répondre à votre demande, y compris en sollicitant le parc des autres bailleurs sociaux présents sur votre quartier.”

Le bailleur met en avant son expérience en matière de relogement, avec un taux de satisfaction de 75 % chez les ménages concernés. Mais quid des locataires qui refuseront les trois propositions obligatoires que devra leur faire le bailleur ? “Au bout du troisième refus, on peut engager une procédure d’expulsion, explique Vincent Mazoyer, mais depuis dix ans que je suis les opérations de relogement, ça n’est jamais arrivé, on n’a jamais expulsé quelqu’un.” Toutes les familles seront contactées prochainement par le cabinet Apertise Conseil. C’est lui qui réalisera le diagnostic personnalisé sur les besoins de relogement, au cours d’un entretien à domicile.

La tour 36 devrait être détruite courant 2018, la grande barre de Monmousseau au plus tard début 2019. En 2019 et 2020, les tours 38 et 40 devraient subir le même sort, sous réserve que l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) donne son accord.

* ICF Habitat pour la barre de Monmousseau, GrandLyon Habitat pour la tour 36

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