Du 11 au 14 juillet, Brésil, musiques et pique-nique aux Fêtes escales

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Les 16e Fêtes escales de Vénissieux vont rebondir dans tout le parc Louis-Dupic, du 11 au 14 juillet. Ce festival gratuit est devenu le rendez-vous incontournable avant les vacances d’été.

Outre les ateliers auxquels participent de nombreux Vénissians, il invite cette année les Têtes Raides, Femi Kuti et de nombreux autres artistes. Et si, en cette deuxième semaine de juillet, le ramadan et la Coupe du monde de football pourraient éclaircir les rangs du public, le directeur de la manifestation, Michel Jacques, reste confiant.

Les enfants seront les premiers servis, le 11 juillet à 14h30. Les Frères Casquette ont décidé qu’il était temps pour nos chers petits d’écouter enfin les mêmes airs que leurs grands frères et sœurs. Des jumeaux (Max et Sam Casquette), un cousin (Bob), un voisin (DJ Casque) et il n’en faut pas plus pour que coulent les flows. Il n’y aura plus ni endroit ni envers dans ce monde à l’envers que chante cette petite famille. Une fois qu’ils auront bien enflammé le parc Dupic, les Frères Casquette fileront vers La Rochelle et ses Francofolies, où ils se produiront le 14 juillet. Ils ne font que du lourd, cette année !

À 18 heures, place aux totems et tambours. Menés par Roberto Cavalcante (percussions) et Françoise Guyennon-Duchêne (totems), les deux ateliers vont donner le départ de cette seizième édition par une belle batucada qui, partie de la place Sublet, viendra finir autour des totems décorés hauts de 4 m.
L’énergie brésilienne sera prolongée par une musique géographiquement très lointaine puisqu’elle débarque d’Éthiopie. Abyssinie Club marque la rencontre entre des musiciens éthiopiens et lyonnais, dont le récent retour aux sources à Addis Abeba vient d’être soutenu par l’Alliance française, l’Institut français, la Ville de Lyon et les Vénissians du Projet Bizarre ! Leur musique, ils l’ont baptisée « éthiotronic ».
À partir de 20 heures, les Lyonnais de Des fourmis dans les mains viendront faire les 100 pas en voisins. Coup de cœur 2012 de l’académie Charles-Cros (section parole enregistrée), ils se sont rencontrés en 2006. Après des années sur les routes, dans les festivals ou en première partie d’Higelin, Sansévérino ou Thomas Fersen, ils ont eu le temps d’enregistrer trois albums (le quatrième étant prévu pour fin 2014). Autant de titres (« Les 100 pas », « La guinguette », « Le piano ») qu’on prendra plaisir à découvrir sur scène.

En provenance de Rouen, débarque La Maison Tellier. Helmut, Raoul, Léopold, Alphonse et Alexandre Tellier ne sont frères que « de scène », le nom du groupe ayant été choisi d’après la nouvelle de Maupassant. Faux frères, donc, mais vrai talent, déjà présent sur quatre albums (le dernier, « Beauté pour tous », sorti en 2013).
Enfin, les Parisiens de Têtes Raides n’en sont pas à leur première venue dans nos murs. On se souvient d’un concert au théâtre en 1996, également d’un passage à la MJC en 2005. Ils s’étaient posés là un peu, avaient joué et rencontré d’autres musiciens. Avec « Les Terriens » dans les bacs depuis février, le groupe revient en force, les textes et le chant de Christian Olivier faisant toujours aussi bel effet.
Le 12 juillet, la soirée « Musique du monde » s’ouvrira, à partir de 18 heures, sur Brazucada, la fanfare brésilienne de Roberto Cavalcante. La samba cédera sa place au blues de Jean Sangally, adepte de BB King et de Nina Simone mais aussi de Brassens, à qui ce chanteur vénissian a rendu un bel hommage à la médiathèque, en mai dernier. Changement de latitude radical avec Transcontinental Charango, passerelle entre l’électro jazz français du groupe Electrofacto et la musique traditionnelle argentine d’Oscar Miranda, joueur de charango. Pour cette création sous la direction de Yann-Gaël Poncet, ils ont fait appel au rappeur argentin Jeronimo Saer. Ce concert original se fera en partenariat avec l’association Bizarre !

On finira en beauté avec Femi Kuti & The Positive Force. Ce mélange de funk, de jazz et de rythmes africains fait tout autant danser que réfléchir (car on n’oubliera pas l’engagement politique du saxophoniste nigérian et son combat contre la corruption) et même s’il ne trouve pas de place pour son rêve (le titre de son dernier album), Femi ne baisse pas les bras, bien au contraire. Il les fait plutôt lever à son public en transe.

Les adeptes de cultures urbaines et ceux qui veulent les découvrir seront au rendez-vous le 13 juillet à 18 heures. Ceux qui, par hasard, préféreraient voir quelques milliardaires taper dans un ballon pour une certaine finale rateraient —dommage pour eux— les danses hip-hop de groupes de jeunes en provenance de Vénissieux et des alentours : Diamond Crew, Chaplin, La Guérilla, Konoha, Afro New Style et La Stuera. Rappeur lyonnais accompagné de DJ P aux scratches et Jay-B au saxo et à la basse, Raistlin viendra poser son verbe (« l’essence même de [son] carburant » ) sur fond de jazz et de hip-hop années 90. Une belle « Échappée belle » !

Ce dernier adjectif convient tout à fait à Akua Naru. Accompagnée du Digflo Band, cette éclatante Philadelphienne est capable d’aborder de nombreux rivages sans jamais se perdre : hip-hop, soul, percussions traditionnelles et même jazz planant. Il faut découvrir Akua lorsque son flow rap vient relayer le chant mélancolique de Drea D’Nur dans « The Block », le tout appuyé par le son très jazz du Digflo. Capable de mélanger un quintet classique de cordes (violons et contrebasse) avec des instruments plus contemporains (saxo, clavier, batterie, guitare), de lancer ses mots aux étoiles ou de murmurer au micro un phrasé qui ne peut que donner des frissons (« Make love to my soul », susurre-t-elle), Akua vous fera oublier quelle équipe est susceptible de marquer un but à ce même moment.

Pas dit, en revanche, que les collègues d’Oai Star, groupe créé il y a une quinzaine d’années par des membres de Massilia Sound System, qui chantent leurs compositions mais aussi celles de Claude Sicre (des Fabulous Trobadors), ne gardent pas un œil sur le téléviseur pour informer le public. Sacrés Marseillais !
Entretemps, les Humanoïdes de la compagnie Artime sauveront la Terre à coups d’acrobaties. La soirée s’achèvera sur le traditionnel feu d’artifice : le rendez-vous est fixé au stade Laurent-Gérin à partir de 23h30.
Le lendemain, dès 11 heures, le chœur de 60 enfants de la Maîtrise de l’Opéra de Lyon reprendra quelques grands airs signés Verdi, Rossini ou Bizet, avant le pique-nique républicain au cours duquel on appréciera les facéties des uns, les intrusions des autres (Fanfare des pavés, compagnie Wakibus, Les Truites, Oli_Lab, le clown Buno), avant de conclure par la dictée républicaine de Thierry Renard qui, cette année, nous entraînera dans le sillage de Jean Jaurès.
À partir de 19 heures, le bal sera mené par le trio franco-brésilien de Forro de Rebeca, puis par la Guinguette à roulettes.
Pendant tout le festival, la Ville rappelle que l’utilisation de pétards est dangereuse et interdite.

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