Un week-end à Turin

TurinDesservie par une nouvelle liaison en bus très pratique, Turin a tant à offrir. Loin de son image dépassée de ville industrieuse, la métropole piémontaise déborde de centres d’intérêt : architecture baroque, musées exceptionnels, gastronomie, football, shopping… Et c’est déjà l’Italie ! À trois cents petits kilomètres d’ici.  
Turin est comme ces filles aux atours discrets et sobrement maquillées dont on ne voit pas immédiatement la beauté. Face aux pétulantes Rome, Venise, Florence, Naples ou même Milan, la grande cité du Piémont, qui compte 900 000 habitants, a longtemps été ignorée par les touristes. À l’image de Lyon réduite au tunnel de Fourvière et au couloir de la Chimie, Turin n’était que la ville industrieuse du nord de la Péninsule, la ville-Fiat, même pas digne d’une courte étape.
Depuis l’organisation des jeux Olympiques d’hiver de 2006, cette image a changé, incitant enfin les visiteurs à venir découvrir ses multiples attraits. Ce qui frappe en premier lieu quand on arrive à Turin, c’est son côté haussmannien, avec ses 300 km de larges boulevards arborés, qui lui valent le surnom de “Petit Paris”. Cet urbanisme la distingue des autres villes italiennes et lui donne des airs de capitale ; ce qu’elle fut à plusieurs reprises dans son histoire, d’abord des États de Savoie, puis du Royaume de Piémont-Sardaigne et enfin du royaume de l’Italie réunifiée.
Cette riche histoire a laissé d’innombrables trésors d’architecture. Le parcours de quelques centaines de mètres entre le Palazzo Reale et la gare de Porta Nuova mérite à lui seul le détour. En remontant la Via Roma, bordée de part et d’autres d’arcades — on en compte 18 km au total dans toute la ville, protectrices des piétons hiver comme été — s’enchaînent des chefs-d’œuvre de l’art baroque : on citera notamment le Palazzo Madama et le Teatro Carignano, et surtout la somptueuse piazza San Carlo, qui malgré son immensité donne une impression d’intimité, à tel point que les Turinois l’appellent le “salotto” (le salon).
Comme partout ailleurs en Italie, l’Art sacré est très présent. Sur les dizaines d’édifices religieux qui parsèment la cité, impossible de ne pas visiter la cathédrale (“il duomo”) Saint-Jean-Baptiste, qui abrite le Saint-Suaire, ce linceul qui aurait servi à envelopper le corps de Jésus après sa mort.
Mais le charme de Turin est loin de se limiter à l’architecture et aux églises. Si vous êtes cinéphile, et même si vous ne l’êtes que modérément, ne manquez  pas la Mole Antonelliana, cette tour de briques de 167 mètres de haut, construite à l’origine par la communauté juive pour être une synagogue, qui abrite aujourd’hui le Musée du cinéma, le plus important d’Europe. Si l’art contemporain vous passionne, vous ne trouverez pas moins de quatre institutions consacrées à la création moderne, sans compter un réseau dense de galeries privées. La ville est aussi un haut lieu de l’art antique avec le musée municipal du Palazzo Madama et le musée égyptologique, le 2e plus important au monde après celui du Caire.

L’Italie est une des meilleures tables au monde et Turin est une des meilleures tables d’Italie.

Mais on peut se laisser tenter par des nourritures plus substantielles. L’Italie, on le sait, est une des meilleures tables au monde, et Turin est une des meilleures tables d’Italie. C’est ici qu’est né le mouvement Slow Food, qui défend à la fois la qualité et le plaisir de l’alimentation. Ici aussi qu’est né “l’aperitivo”, avec l’invention en 1786 du Vermouth, ancêtre du Martini. Vers 18 heures, quand les bureaux se vident, n’hésitez pas à vous mêler aux employés pour partager ce rituel dans un bar à vin typique, un endroit tendance, ou encore mieux dans l’un des “caffè” historiques de la ville, ces écrins de velours rouge, de stuc et de bois précieux, certains bicentenaires, qui font la fierté des Turinois. Le verre est toujours accompagné (gratuitement) d’une petite assiette pour picorer parmi les différentes propositions de la gastronomie piémontaise. Seulement picorer ! L’idée étant bien d’éveiller l’appétit — apéritif vient du verbe “aprire” qui signifie ouvrir — pour aller ensuite déguster antipasti et pasta dans les caffeteria, trattoria et autres osteria.
Et s’il vous reste une place, même petite — mais cela peut également être l’occasion d’un goûter dans l’après-midi — ne résistez pas à la tentation du chocolat local sous toutes ses formes, en particulier ce chocolat chaud, incroyablement épais et onctueux, accompagné de gâteaux tout aussi divins. Une expérience incontournable. L’office du tourisme propose un “chocopass” qui permet de goûter 9 chocolats en 2 jours pour 12 euros !
À défaut de chausser les baskets pour éliminer ce surplus de calories sur les berges du Po ou de la Dora, les deux fleuves qui traversent la ville, on peut toujours se donner bonne conscience en allant assister au rituel dominical du calcio, dans le stade de la Juventus, le club le plus populaire d’Italie et l’un des plus soutenus dans le monde avec plus de 170 millions de fans recensés. Mais avant de commettre un impair, sachez qu’ici et dans le Piémont, on supporte généralement le “Torino”, plus communément appelé le “Toro”, considéré comme l’équipe rebelle et ouvrière, alors que la “Juve” représente la famille Agnelli, propriétaire de Fiat, symbole du patronat.
Il vous faudra quelques jours supplémentaires ou une nouvelle escapade pour visiter le musée de l’automobile, les anciennes usines Fiat du Lingotto reconverties en centre de congrès, les nombreux parcs et jardins, la Villa Regina qui domine la ville sur l’autre rive du Pô, l’immense marché forain de Porta Palazzo… Torino a tant à offrir.

Starshipper, la 1re liaison quotidienne entre Lyon et Turin

Plus proche de Lyon géographiquement que Marseille et Paris, Turin attire encore peu de visiteurs rhônalpins malgré ses nombreux attraits. Le manque de liaisons entre les deux villes explique en grande partie ce faible flux. Longtemps, l’offre de transport était limitée au TER, à raison d’une dizaine de trajets par semaine du jeudi au samedi. À la demande de la communauté italienne de Lyon, représentée par le Comites (Comité des Italiens de l’extérieur), les Régions Rhône-Alpes et Piémont ont subventionné la création, en 2008, d’une nouvelle liaison en bus proposant cinq trajets hebdomadaires. Depuis juillet 2012, le secteur privé, par l’intermédiaire du réseau Starshipper, a pris le relais en augmentant sensiblement l’offre. Désormais, ce sont 30 trajets hebdomadaires qui sont proposés, du lundi au dimanche, de centre-ville (Part-Dieu) à centre-ville (Porta Susa et Porta Nuova). La liaison est assurée par les cars des Courriers Rhodaniens, société basée dans la zone industrielle de Mions, à proximité de Vénissieux.
Le temps de parcours est environ de 4h20, avec des tarifs attractifs : 29 euros ou 39 euros le trajet simple pour un adulte selon les jours. À titre de comparaison, un aller-retour en voiture, légèrement plus rapide (3h30) mais plus fatigant et plus dangereux statistiquement, revient à plus de 200 euros. Starshipper constitue donc une véritable alternative pour aller visiter Turin, d’autant que les cars des Courriers Rhodaniens sont confortables, équipés de toilettes et offrent le WiFi.

Plus de renseignements au 04 37 60 01 64 ou sur internet : www.starshipper.com

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