Crise du photovoltaïque : Bosch demande du soutien

À l’occasion de l’inauguration de la seconde ligne de fabrication de son site de Vénissieux, le groupe allemand a exhorté élus et milieux économiques à soutenir la filière de l’énergie solaire en France.

“Nous comptons sur vous, nous avons besoin de votre soutien.” S’adressant aux élus et aux décideurs économiques, le 25 septembre, à l’occasion de l’inauguration d’une seconde ligne de fabrication de panneaux photovoltaïques sur le site de Vénissieux, les responsables de Bosch ne pouvaient pas être plus clairs sur leurs attentes. Et sur leurs inquiétudes face aux difficultés que connaît le marché de l’énergie solaire. “Les capacités de production sont aujourd’hui deux fois supérieures à la demande, précisait Jean-Marc Auffret, directeur des ventes France de Bosch Solar Energy. Les prix ont chuté de 65 % depuis le début de l’année 2011. Et nous subissons aussi les conséquences de la baisse des aides publiques.”
Une bien mauvaise conjoncture pour le groupe allemand qui a investi quelque 25 millions d’euros dans la reconversion du site industriel de Vénissieux, spécialisé jusqu’en 2009 dans les pompes à injection diesel. C’est aujourd’hui devenu le plus important centre de production de modules photovoltaïques en France. Il emploie 200 personnes. À pleine capacité, sa production quotidienne atteint 2000 unités, soit l’équivalent des besoins énergétiques de 51 000 foyers français.
Sauf que cette belle mécanique risque de se gripper avant même d’avoir pu exprimer son potentiel. C’est tellement vrai que la direction devrait recourir fin octobre à des mesures de chômage partiel. Les deux lignes de production seraient stoppées durant deux semaines. L’information a été dévoilée par le syndicat CGT. Jean-Marc Auffret n’a pas démenti le jour de l’inauguration : “C’est effectivement une possibilité que nous envisageons.”

Préférence nationale

Si le groupe Bosch est conscient des difficultés qu’il va devoir surmonter, il est également sûr de sa force. C’est un géant mondial, qui emploie 300 000 personnes dans le monde, a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires de 51,4 milliards d’euros, et investi plus de 4 milliards en recherche et développement. Dans le domaine de l’énergie solaire, à l’inverse de ses principaux concurrents, notamment chinois, il maîtrise tous les maillons de la chaîne, de la fabrication de lingots de silicium jusqu’à l’installation. “Dans les années qui viennent, beaucoup de petits et moyens acteurs du solaire vont disparaître, nous allons assister à une forte concentration, c’est acquis, a expliqué le directeur des ventes devant les élus et décideurs, parmi lesquels Guy Fischer, sénateur du Rhône, Gérard Collomb, président du Grand Lyon, Jean-Jack Queyranne, président du Conseil régional et Michèle Picard, maire de Vénissieux. Mais nous avons par ailleurs la certitude qu’il s’agit d’un marché d’avenir, et d’avoir les arguments pour s’imposer. Du fait de notre expérience dans l’automobile et les techniques industrielles, nous représentons l’assurance de la qualité, nous sommes un partenaire rassurant et reconnu.”
Un partenaire qui serait toutefois lui-même rassuré si les pouvoirs publics rendaient l’environnement économique et juridique plus favorable. “Concrètement, nous demandons trois choses, a détaillé Jean-Marc Auffret aux journalistes : d’abord un marché plus large, plus de commandes ; par ailleurs une certification des produits ; et enfin la mise en place d’une préférence nationale ou européenne. De ce point de vue, nous estimons que le projet du gouvernement d’accorder un bonus de 10 % à l’électricité issue de panneaux phovoltaïques construits en France va dans le bon sens.”

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