Les expulsions reprennent, la lutte aussi

La trêve hivernale des expulsions locatives a pris fin. De nombreuses familles sont menacées. Pour ne pas voir des foyers poussés à la rue, trois maires communistes de l’agglomération ont pris des arrêtés interdisant les expulsions et les coupures d’énergies.
C’est à proximité de la préfecture, rue Dunoir, que Michèle Picard, maire de Vénissieux, Bernard Genin, maire de Vaulx-en-Velin, et Daniel Deleaz (adjoint au maire de Pierre-Bénite, Mireille Domenach-Diana) ont signé jeudi des arrêtés contre les expulsions et les coupures d’énergies. Plus d’une soixantaine de militants et d’élus les entouraient, notamment des adjoints aux maires de Givors et de Grigny, ainsi que le député de la 14e circonscription du Rhône, André Gerin, et le sénateur Guy Fischer.

Les trois maires signataires ont ensuite porté leurs textes à la préfecture, où ils ont été reçus par le préfet délégué à la sécurité, Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts. “Avec la crise du logement qui perdure et s’aggrave, nous ne pouvons nous résoudre à mettre des familles à la rue sans perspective de relogement, déclarait Michèle Picard. En France 3,6 millions de personnes sont mal logées et 10 millions sont touchés par la crise du logement. Sur nos communes, malgré la forte présence de logements sociaux et le développement des politiques sociales municipales, nous sommes tous les jours confrontés à des situations insupportables.”

À Vénissieux, tous les voyants sont au rouge. “Plusieurs personnes dorment dans leur voiture alors qu’elles travaillent, notre service d’aide sociale a accueilli l’an dernier 20 % de personnes supplémentaires en difficultés, précisait le maire. Près de 900 familles ont été touchées par une réduction d’énergie, les infirmières scolaires attirent de plus en plus notre attention sur le fait que de plus en plus de familles sont inscrites au Resto du cœur.”

Daniel Deleaz, puis Bernard Genin lançaient à leur tour un double appel à la résistance. “Compte tenu de la crise économique et sociale, de plus en plus de familles sont dans l’impossibilité financière de payer leurs loyers. De nombreux ménages sont contraints de consacrer plus de 50 % de leurs revenus pour se loger. Comment s’étonner que le nombre de procédures d’expulsions locatives augmente chaque année (8 % en 2011) alors que nos services réalisent, avec nos partenaires, un travail considérable pour trouver des solutions qui respectent la dignité des personnes.”

Ce vendredi soir à 17 heures, une manifestation locale pour le droit à une vie digne, organisée par des associations et des partis de gauche, partira de la piscine Delaune pour rejoindre le parvis de la médiathèque.

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