Veninov : André Gerin demande à Nicolas Sarkozy la réquisition de l’usine

Une nouvelle piste pour sauver l’usine ? André Gerin a demandé à Nicolas Sarkozy, dans une lettre adressée ce lundi 21 novembre, de mettre Veninov “sous séquestre”, dans le but de “faire sauter le verrou Gordon Brothers et de dégager l’entreprise de la procédure judiciaire à laquelle elle est soumise, afin d’entamer une reprise de son activité sous le contrôle des pouvoirs publics”. Comme en leur temps le général de Gaulle et le Conseil national de la Résistance, qui avaient réquisitionné des entreprises comme Renault ou Berliet, accusées de collaboration avec l’occupant allemand, une telle décision de la part du président de la République enverrait, selon le député de la 14e circonscription du Rhône, un “signal fort”, “un coup d’arrêt”, aux “ogres de la finance, ces fossoyeurs de l’économie réelle, des industries nationales, des emplois”. Pour André Gerin, “Il est temps de placer la réindustrialisation de la France au centre des préoccupations républicaines.” “Les jours sont comptés”, écrit encore le député, qui demande un rendez-vous au chef de l’Etat pour l’entretenir de sa proposition.

La semaine dernière, les salariés de Veninov ont été reçus par Christiane Puthod, vice-présidente du Conseil régional en charge de l’emploi. Cette rencontre a notamment été l’occasion d’aborder la question de l’alimentation de l’usine en chauffage, le froid pouvant causer de sévères dommages aux machines. “À ce jour, 21 novembre, le chauffage n’a pas encore été rétabli, indique Bernard Dhennin, délégué syndical CFDT. Nous allons en refaire la demande auprès des services de la préfecture. Nous avons par ailleurs reçu une réponse à notre demande d’entretien avec Éric Besson, ministre de l’Industrie, lequel nous assure “faire le point sur ce dossier avec les services compétents ».  À voir s’il y aura une suite…”

La suite, déjà, ce sera le rendu de la décision du tribunal de commerce de Nanterre, le 30 novembre, concernant la date de situation de cessation de paiement du groupe Alkor-Venilia, contestée par le fonds de pension américain Gordon Brothers devenu propriétaire du site à la suite d’un prêt octroyé dans des conditions douteuses. Cette date est la clé d’une éventuelle reprise de l’activité. En attendant, le site est toujours occupé, nuit et jour, par une vingtaine de salariés.

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