Veninov : le bon droit des salariés en passe d'être reconnu ?

Les Veninov s’apprêtent à vivre de nouvelles semaines décisives. D’abord, parce que le tribunal de commerce de Nanterre, où la première audience concernant la légalité du prêt accordé par le fonds de pension américain Gordon Brothers s’est tenue hier, rendra sa décision le 30 novembre. Ensuite, parce que l’hiver approche. Et avec lui, les basses températures qui pourraient causer de sévères dommages aux machines. Or, ces machines représentent, avec le savoir-faire des ouvriers, le principal argument en faveur d’une reprise de l’activité sur le site. Ce mardi 8 novembre, jour de l’audience au tribunal de Nanterre, la mobilisation était toujours aussi forte sur le site de Veninov, où un rassemblement était organisé.

Près de deux cents personnes ont apporté leur soutien à la cause des ouvriers, dont une partie de l’équipe municipale, le sénateur Guy Fischer et Christiane Puthod, vice-présidente du Conseil régional en charge de l’emploi. “Nous avons demandé par l’intermédiaire de Bernard Thibault un rendez-vous avec Éric Besson, ministre de l’Industrie, indiquait Stéphane Navarro, au nom de l’intersyndicale CGT/CDFT. Catherine Chollier (déléguée syndicale CGT), qui s’est rendue à Nanterre, nous a assuré que le président du tribunal et le procureur semblaient convaincus que nous étions dans notre bon droit.”
Au sortir du tribunal, André Gerin, le député de la 14e circonscription du Rhône, allait dans le même sens : “Le prêt doit être frappé de nullité. Gordon Brothers n’avait pas d’argument valable à présenter au tribunal. Nous étudions toutes les possibilités pour qu’une fois ce verrou sauté, nous puissions faire redémarrer l’activité sur le site le plus rapidement possible.”
Mais les Veninov savent qu’ils risquent de s’embarquer dans une procédure très longue. C’est pourquoi le maire de Vénissieux, Michèle Picard, demande à l’État de prendre ses responsabilités : “Il sait le faire pour les banques, il faut maintenant qu’il montre qu’il peut sauver les entreprises. Les salariés ne sont pas des Kleenex. Nous n’avons pas besoin d’un bouclier fiscal, mais d’un bouclier social !”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *