Nordine Ghrib et Paul Lacombe : le duo vénissian de l'ASVEL

À ma droite, Nordine Ghrib : 1,85 m, 46 ans, entraîneur de l’ASVEL depuis  novembre 2010. À ma gauche, Paul Lacombe : 1,95 m, 20 ans, meneur de jeu ou arrière, professionnel depuis l’été 2010 chez les Verts. Ce duo, qui constitue le présent et l’avenir de l’ASVEL, club de basket villeurbannais, a un passé en commun : l’amicale laïque de Vénissieux-Parilly. Durant leur enfance et leur adolescence, Nordine et Paul ont fréquenté assidûment les parquets des gymnases Jean-Guimier et Jacques-Anquetil.

“J’ai tout naturellement joué à l’ALVP, un club familial dans lequel évoluait mon père Frédéric, mon oncle, et même ma sœur Julie, qui a dû mettre ensuite le basket entre parenthèses en raison de gros soucis à un genou, explique Paul. J’y suis resté jusqu’à l’âge de 9 ans. Ensuite, l’ASVEL m’a approché et recruté. J’y ai poursuivi ma formation à Villeurbanne, en intégrant assez tôt les espoirs.” Paulo est en effet convoqué chez les espoirs alors qu’il n’est encore que cadet première année. Un surclassement qui en disait déjà long sur son potentiel. C’est Nordine Ghrib, à l’époque entraîneur adjoint d’Yves Baratet puis de Vincent Collet, et responsable du centre de formation, qui l’avait repéré.

Ghrib, toujours agent EDF
Un temps basketteur à Lyon 8e (benjamin à Lyon-Mermoz), Nordine avait rejoint l’ALVP en cadet, quand sa famille s’est installée rue Anatole-France, près du parc de Parilly. “J’ai joué pas mal d’années au gymnase Jean-Guimier”, rapporte le nouvel homme fort de l’ASVEL, le “head-coach” comme on dit dans l’élite pour désigner les entraîneurs. “J’y ai côtoyé Robert Perez, vraisemblablement le meilleur éducateur et formateur de jeunes de France. J’y ai aussi rencontré furtivement Frédéric Lacombe, le père de Paul, qui est parvenu jusqu’en Nationale 3 avec l’ASUL, puis en Nationale 4 avec le club de Parilly. Vénissieux, j’en garde de bons souvenirs. Une fois l’entraînement de basket terminé, il n’était pas rare que j’aille traîner au parc de Parilly pour faire et refaire des parties avec les amis.”
Saison 1987. Alors que son équipe évolue au niveau régional, une sérieuse blessure au genou oblige Nordine à mettre un terme à son parcours de basketteur amateur. Mais pas à celui de passionné. Il commence par diriger un groupe de jeunes Vénissians à l’ALVP. Menant de front une carrière d’agent à EDF et d’entraîneur, il multiplie les expériences dans les clubs de la région, à tous les niveaux, dans toutes les divisions, de la Départementale à la Régionale, poussant même jusqu’en Nationale 1 à Saint-Chamond. Puis il revient chez les Verts, dans un rôle inattendu : celui de superviseur des adversaires européens de l’ASVEL, à l’aide d’une caméra. Et ce à la demande d’Erman Kunter, le “Malin du Bosphore”, le recordman des sélections avec l’équipe nationale turque (215), qui entraînait l’ASVEL en 2004.
Depuis, Nordine n’a plus quitté la “Maison verte”, conjuguant son métier et son activité au club. Il a officié ensuite sous Claude Bergeaud, Yves Baratet et enfin Vincent Collet. “Avec les mêmes qualités qu’on lui a toujours connu, note Pierre Grall, le directeur des opérations basket du club. Sans chercher à se mettre en avant, il a intégré presque tous les postes du staff : consultant, entraîneur adjoint, puis directeur du centre de formation.”
C’est la mauvaise passe traversée par l’ASVEL qui propulse Nordine à la tête de l’équipe première en 2010. “Il a une solide expérience du basket et du haut niveau, soulignait Pierre Grall en annonçant ce remaniement. C’est un meneur d’hommes, avec du charisme. Et il connaît parfaitement la Maison verte, ce qui est un atout en cette période de fortes turbulences.” L’intéressé sourit quand on lui rappelle sa nomination : “J’ai eu un peu d’appréhension… Mais de façon fugitive. Je ne débarquais pas en terre inconnue, l’ASVEL, c’est ma seconde maison. On est formatés pour le bien du club. De plus, l’urgence m’obligeait à me concentrer sur le terrain, les entraînements…”

2010, l’année Lacombe
Pour Paul, le début de trajectoire ressemble à celui de Nordine. Il quitte donc l’amicale vénissiane pour rejoindre Villeurbanne, le club élite de l’agglomération qui affiche 62 saisons sans interruption en 1ère division nationale et 17 titres de champion de France. Resté à l’ASVEL depuis (hormis un “prêt” d’une saison à Vaulx-en-Velin, pour disputer un championnat de France minime), il y connaît une progression constante, s’imposant comme meneur, franchissant un à un tous les paliers. Il est même sélectionné dans les équipes nationales de jeunes.
La saison 2010 est celle de la consécration. “C’est incroyable, reconnaît Paulo. Je suis devenu titulaire à l’ASVEL, j’ai remporté les Semaines des As, j’ai reçu le trophée du Futur (N.D.L.R. : un mini-championnat réservé aux huit meilleures équipes du championnat de France Espoirs) et surtout, j’ai remporté les championnats d’Europe des moins de vingt ans avec l’équipe de France. Enfin, j’ai signé mon premier contrat pro à l’Astroballe. Le tout à 20 ans et en moins d’un an !”
Pas de quoi lui faire perdre le sens des valeurs. “Je rêve éveillé. Je ne réalise toujours pas que j’ai signé un contrat professionnel à l’ASVEL. Et franchement, ça me fait drôle de voir mon nom sur un casier des vestiaires. Mais je garde les pieds sur terre. Et s’il le fallait, mes parents et mes amis seraient là pour me faire descendre de mon nuage.”
Tout en cherchant à augmenter son temps de jeu et ses stats à l’ASVEL, Paul poursuit son apprentissage. “Ma journée est réglée comme celle de tout professionnel : entraînement, récupération (massage et sieste), nouvel entraînement. Sans oublier les matches. Autant d’exigences qui m’obligent à moins me disperser. Et j’ai de moins en moins le temps de retrouver ma famille et mes amis au Monery. Mais dès que je peux, je me fais inviter chez mes parents pour déguster un petit plat, avant de retrouver le monde des pros.”

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