Salle Érik-Satie : les maisons de l'enfance sur scène avec les Gueules d'amour

Installée à Vénissieux, l’association Gueules d’amour Production a démarré fin novembre un projet théâtral avec quatre maisons de l’enfance ((Joliot-Curie, Louis-Pergaud, Max-Barel et Anatole-France), financé par la Ville et l’État. Quatre petits pièces de vingt minutes chacune sont nées, écrites par Joanne Rocca et Maud Charrel et mises en scène avec Chloé Vialle. Elles sont l’adaptation d’un précédent spectacle des Gueules d’amour, “L’odyssée des frères Kiram”. Présentée le 9 février à Érik-Satie, cette emballante odyssée a fait salle comble, obtenant un franc succès.

L’histoire est celle de deux frères marins, Paulo et Nino Kiram, qui en ont marre des vagues et s’arrêtent dans des îles. Sur celle du Tout-au-Tout, Nino semble être le frère jumeau du roi qui veut absolument fêter son anniversaire au grand dam de son entourage (il se fait offrir des cadeaux toutes les semaines). Ce qui amène à réfléchir sur les notions de pouvoir et d’argent.
Sur l’île de Votre-Trésor, on cherche à définir la personnalité de Paulo, savoir à quelle tribu il appartient (avec un trésor à la clef) : des Indiana Jones aux rebelles et aux Exploreurs, plusieurs modes humaines sont ridiculisées. L’île de la Vie-Meilleure promet beaucoup, avec Ken et Barbie en maillot et bikini, sirotant un cocktail à l’ombre d’un palmier. Pour accéder à cette vie meilleure, pour “s’intégrer”, Paulo doit concourir, comme dans un jeu télévisé mené par une animatrice BCBG et un coach redoutable. Une fois retenu, il n’aura plus qu’à aller trimer pour gagner sa vie, grâce à des boulots exténuants. L’île de la Lumière est, malgré son nom, la plus cauchemardesque, soumise à une bureaucratie kafkaïenne. Le pauvre Nino devra lui aussi s’acharner à la peine pour obtenir une voiture volante dernier cri, qu’il n’aura bien sûr pas.
À travers ces saynètes qui mettent le public en joie (acteurs et spectateurs ont entre 8 et 12 ans), les enfants pourront évidemment aborder les problèmes épineux de la société moderne. Dans la joie et la bonne humeur, ce qui est sans doute une meilleure manière pour appréhender l’exploitation, l’immigration, les différences sociales, la consommation, etc. Une réussite !

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