Ils maîtrisent, ces jeunes chanteurs de la Maîtrise !

Sur les quelque quatre-vingt-dix jeunes chanteurs de la Maîtrise de l’Opéra qui se produisaient ce 17 décembre sur la scène du Théâtre de Vénissieux, sous la direction de Karine Locatelli, onze sont originaires de notre commune. Chloé, Leila, Anaïs, Romane, Maé, Loïs, Yasmine et Fathia sont passés par l’école de musique Jean-Wiener et la chorale dirigée par Mick Wagner et tous la remercient chaleureusement. “Mick me trouvait du talent, elle en a parlé à ma maman”, témoigne Yamine. “Si chanter m’intéressait, reprend Loïs, j’avais peut-être du potentiel. Mick m’a parlé des auditions de la Maîtrise et je me suis renseigné.” Maé poursuit : “On me disait que j’avais une jolie voix et j’ai demandé à Mick si je pouvais passer l’audition. Elle m’a entraînée pour le faire. Puis j’ai reçu un courrier qui me disait que j’étais prise. J’étais super contente.”
À tour de rôle, tous prennent la parole et racontent à peu près la même histoire et le rôle joué par leur professeur de chant choral. Un spectacle joué par la Maîtrise, “Le petit ramoneur” de Benjamin Britten, a pour beaucoup suscité des vocations. “Après l’avoir vu, explique Anaïs, je voulais en savoir plus. J’ai eu envie de passer l’audition de la Maîtrise.”
Maëlle voulait faire des progrès en technique vocale et, avec la Maîtrise, “cela a marché”. Naïda a été repérée dans un centre de loisirs. Lévi faisait du chant en primaire. On lui a dit qu’elle chantait bien et elle s’est retrouvée à la Maîtrise. Elle y a appris la gestion du stress. “Chanter ce soir à Vénissieux est un stress supplémentaire. Je connais au moins quinze personnes dans la salle et il y aura aussi peut-être Mick.”
Mick Wagner était bien dans la salle et elle était fière de ses élèves. Il y avait de quoi. Car ils maîtrisent, ces jeunes chanteurs de la Maîtrise. Non seulement le chant mais aussi les claquettes, dont ils font une belle démonstration sur “Jingle Bells”. “Le but est double, commente Colette Kuchly, la directrice des études musicales. Avec les claquettes, nous voulons leur faire découvrir le répertoire rythmique et les rendre à l’aise sur un plateau. Il faut qu’ils soient bien dans leur corps car les metteurs en scène demandent de plus en plus souvent aux chanteurs d’être aussi acteurs.”
Les jeunes expliquent leur quotidien à la Maîtrise, les cours de chant mais aussi de claquettes et de piano. Suivant leur âge, ils sont scolarisés à Lyon, d’abord à l’école primaire Gerson, puis au collège Ampère. Pour les garçons, l’aventure s’achève en classe de 3e car la voix mue. Les filles ont plus de chance et peuvent poursuivre au-delà. La Maîtrise, c’est une évidence, leur donne de l’aisance, de la maturité. Et de l’ambition pour la suite. Dans les professions envisagées, à côté d’actrice et cantatrice, on entend juge pour enfant, reporter, prof d’équitation, notaire, écrivain ou styliste.
Ce soir-là, les jeunes chanteurs de la Maîtrise ont donné un beau spectacle. À côté des incontournables “Douce nuit” et “Jingle Bells” déjà cité, ils ont très bien chanté Benjamin Britten, Camille Saint-Saëns, Henry Purcell, Hector Berlioz, Leonard Bernstein et Jules Massenet. Et prouvé que la voix est un véritable instrument.

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